Title: Langlais : un facteur dterminant de la scolarisation des enfants immigrants et rfugis
1Langlais un facteur déterminant de la
scolarisation des enfants immigrants et réfugiés
- Lloydetta Quaicoe, candidate au doctorat
- Division of Education, Arts and Social Sciences
- University of South Australia
- Jeudi 22 janvier 2009
- 12 h 30 14 h
- Salle de réunion Metropolis
2Vue densemble
- Contexte
- Génération de données
- Outils analytiques
- Profil des participants
- Points de vue des enfants et des enseignants
- À la découverte de nos cultures Sharing Our
Cultures - Conséquences et recommandations
- Recherche future
3Contexte
- Les enfants dâge scolaire sont inscrits à
lécole peu de temps après leur arrivée dans la
province - Ils sont placés dans les classes ordinaires qui
correspondent à leur âge - De la maternelle à la neuvième année, ils suivent
tous les 7 jours des cours dALS dune durée de
deux à trois heures - Ils suivent des cours dALS dans la seule école
secondaire senior qui donne de tels cours
dans la province
4Génération de données
- Étude qualitative et longitudinale
- Nouvelle sociologie de lenfance (donne la
priorité à lécoute des enfants, à leurs points
de vue) - 95 séances dobservation en salle de classe à
titre de non-participants (16 mois) - Dessins et explications des enfants
- Entrevues approfondies en face à face avec des
enfants, leurs parents et enseignants
5Outils analytiques
- Analyse critique du discours (ACD - Fairclough
1989, 1995) LACD comporte trois dimensions le
texte, la pratique du discours et la pratique
socioculturelle (sur le plan situationnel,
institutionnel et sociétal) - LACD envisage la langue comme un instrument de
pouvoir (Apple 1999 Luke 1995) - Habitus, champ et capital (Bourdieu 1977, 1980,
1991 Hiller et Rooksby 2002) - Les dimensions du lieu (Olwig et Gulløv 2003)
6.
Profil des participants
Enfants (8-16 ans) et parents Colombie, Cuba,
Éthiopie, Iraq, Russie, Soudan, Taïwan et
Turkménistan (définis selon le continent) Enseigna
nts (25-55 et plus) 20 P/E (primaire/élémentaire
), 21 (secondaire junior / senior ) 7
écoles anglophones 4 P/E et 3 écoles
secondaires J/S
7Profil des participants (suite)
- 18 enfants nouvellement arrivés (pseudonymes)
- 11 provenant de familles de réfugiés réinstallés
et 7 de familles dimmigrants (résidents
permanents) - 6 navaient jamais fait détudes de type scolaire
(réfugiés) - 3 avaient interrompu leurs études de type
scolaire - 6 nont, dans leur école, aucun camarade qui
possède les mêmes antécédents linguistiques,
culturels ou religieux - 18 navaient aucune connaissance pratique de
langlais lors de leur arrivée ils sont
considérés comme des étudiants de lALS
8Arrivée
Dessin dEdita représentant sa salle de classe
habituelle (9 ans, Amérique du Sud)
9Explication dEdita
- À ma première journée à lécole, ne nai
compris que le mot allô . Voici linstitutrice
qui agite la main, et je me demande ce quils
racontent. Je ne connaissais pas langlais. Les
enfants camarades de classe lèvent tous la
main. Ils connaissent les réponses. Je ne savais
pas ce quils disaient. Cétait ma première
journée, et cétait comme si je navais pas à
travailler (9 ans, Amérique du Sud).
10Extrait dune entrevue avec Jumi
- L.Q. Comment sest passée ta première journée à
lécole? - Jumi Jétais plutôt pause Je ne vais jamais à
lécole et je ne connaissais pas langlais. - L.Q. Comment tes-tu senti dans les
circonstances? - Jumi Jai rencontré une fillette inscrite à
lALS qui venait de lAmérique du Sud et
lenseignant a dit que nous pouvions parler
ensemble car nous connaissions très peu langlais
(2 ans, Afrique).
11Les premiers jours
Dessin dEdom illustrant ses premières
expériences de lécole (10 ans, Afrique)
12Explication dEdom
- L.Q. Comment se fait-il que les lignes te
rappellent lécole ? - Edom Parce que cest la première chose que
jai dessinée. - L.Q. Pourquoi?
- Edom Lorsque je suis allé à lécole, je ne
connaissais pas langlais Mes camarades me
parlaient en anglais. Et je me demandais si
cétait une bonne ou une mauvaise chose
(10 ans, Afrique)?
13Extrait dune entrevue avec Juanita
- Juanita Je mennuyais cétait différent.
- L.Q. En quoi lécole était-elle différente de
celle de ton pays? - Juanita Tout était différent.
- L.Q. Quest-ce qui était différent?
- Juanita Cétait différent.
- L.Q. Quels genres de choses étaient
différentes? - Juanita La langue (14 ans, Amérique du Sud).
14Première journée au gymnase
Cest moi sautant à la corde pendant que les
élèves samusent. Jai aimé ma première journée
au gymnase Je connais beaucoup de jeux.
Dessin de Johanna illustrant son cours
déducation physique (13 ans, Asie centrale)
15Cours déducation physique dEkatrina
Dessin dEkatrina illustrant son cours
déducation physique (12 ans, Amérique du Sud)
16Explication dEkatrina
- Ma première journée au gymnase sest très bien
passée. Le professeur déducation physique compte
jusquà dix en espagnol et en français Voici la
règle à suivre au gymnase obéir au professeur,
faire attention à ses amis, et respecter
cest-à-dire aider, écouter le professeur....
Voici une chaise si un élève se blesse, il dit
où il a mal et il va sasseoir sur la chaise (12
ans, Amérique du Sud).
17La salle dALS
Elena Le dessin illustre la salle dALS.
L.Q. Pourquoi as-tu dessiné cette
salle? Elena Parce que je laime. L.Q.
Pourquoi? Elena Parce que nous y apprenons
des choses. Il y a parfois des films, des
gâteries ou un concours. Voilà pourquoi
jaime cette salle.
Dessin dElena représentant sa salle dALS (10
ans, Asie du Nord)
18Salle dALS et salle de classe habituelle
L.Q. Pourquoi as-tu dessiné la peinture? Ekua
Parce que jaimerais être une artiste.
L.Q. Quel est le lien avec lécole? Ekua
Parce que nous avons des cours darts
plastiques, et que je suis contente quand
nous avons ces cours. L.Q. Y a-t-il une chose
qui tattire tout particulièrement dans lart?
Ekua Oui. Jaime dessiner les fillettes,
les personnes et les mannequins.
Dessin dEkua illustrant sa salle dASL et sa
salle de classe habituelle (10 ans, Afrique)
19Extrait dune entrevue avec Soledad
- Soledad Ici, je nai pas pu avoir des rapports
avec les gens (les élèves de lendroit) avant
dapprendre langlais mais dans mon pays, je
pouvais établir des liens avec nimporte qui. - L.Q. Quétait lécole pour toi lorsque tu
apprenais langlais? - Soledad Je ne parlais à personne (16 ans,
Amérique du Sud).
20Extrait dune entrevue avec Jasha
- Jasha Je nai aucun ami dans ma classe
habituelle. - L.Q. Pourquoi nas-tu aucun ami?
- Jasha Ils les élèves de lendroit savent que
je ne suis pas très bon en anglais. Si jétais
Canadien et que je parlais anglais, jaurais des
amis Si je connaissais langlais, ce serait
préférable. Je ne pourrai jamais parler langlais
comme un Canadien. (15 ans, Asie du Nord).
21Extrait dune entrevue avec Juanita
- Juanita Les propos des élèves de lendroit
mont vexée. Je nai pas compris et jai quitté
la classe. Linstituteur a prononcé mon nom, mais
je suis partie. - L.Q. Les élèves te taquinaient-ils?
- Juanita Je ne sais pas.
- L.Q. Que disaient-ils?
- Juanita Je ne sais pas. Jai quitté la classe.
(14 ans, Amérique du Sud).
22Extraits dentrevues avec des enseignants
- Ce doit être angoissant. Ce doit être très
stressant de se retrouver tout à coup au milieu
dune salle de classe lorsquon est issu dun
milieu et dune culture complètement différents
(Eenseignant11-P/E). - On les dirait presque effrayés et confus
cest comme sils étaient mis dans lécole Je ne
peux imaginer me retrouver dans une école où la
plupart des enfants ont une apparence entièrement
différente de la mienne (E10-P/E ).
23Extraits dentrevues avec des enseignants
- Javais un enfant dorigine africaine, le seul
de lécole à avoir la peau foncée.Cet enfant
avait probablement limpression que son apparence
physique le faisait remarquer. En plus de ne pas
parler anglais, il était différent du point de
vue culturel il attirait lattention par son
apparence physique (E05-P/E ). - Je ne peux quimaginer quil serait difficile
pour eux de passer de leur pays dorigine à leur
nouveau pays toutes ces différences en plus de
devoir sadapter à un milieu différent
(E22-J/S).
24Extrait dune entrevue avec un enseignant
- Je ne peux imaginer quun jeune garçon ou une
fillette ayant quitté son pays en sixième année,
alors quils ne pouvaient pas lire dans leur
propre langue, soient forcés de fonctionner ici
au même niveau. Ils ne pouvaient suivre un tel
cours de mathématique dans leur propre langue,
puis il leur est soudainement enseigné en anglais
au niveau de la sixième année. Je pense quil
sagirait là dune adaptation réellement
difficile (E03-P/E ).
25Extraits dentrevues avec des enseignants
- Jai parfois limpression que les enfants des
immigrants et réfugiés viennent ici trop tôt.
Même quelques rudiments danglais avant de
commencer lécole seraient utiles (E10-P/E ). - Je pense quil devrait y avoir un endroit où
les enfants pourraient aller se perfectionner
avant de venir ici, histoire dacquérir des
connaissances de base sur notre mode de vie Ils
nen ont aucune idée (E41-P/E ).
26Extraits dentrevues avec des enseignants
- Sils observent la situation en étant en
retrait, sans participer vraiment, mais comment
peuvent-ils participer sans connaître la langue
langlais (E10-P/E )? - Jen ai eu cinq qui ne pouvaient pas parler
un seul mot danglais, et je me disais que
cétait trop pour lenseignant, trop pour les
élèves et certainement trop pour ces enfants qui
sont ici pour la première fois . (E33-J/S ).
27Extraits dentrevues avec des enseignants
- Jai vu des enfants entrer en septembre et
nêtre toujours pas intégrés au reste des élèves
en juin (E14-J/S ). - Un enfant sest joint à ma classe en
janvier il sest installé à un pupitre et voilà.
Il ne pouvait pas me parler (E26-J/S). - Il est arrivé aussi que des enfants
sassoient tout simplement à leur pupitre pendant
huit ou neuf mois sans participer (E24-J/S).
28Premières expériences des enfants
- Ils ne comprennent pas ce qui se passe (tout est
différent) - Ils ne peuvent pas communiquer oralement avec les
enseignants et leurs camarades - Ils ne connaissent personne dans la classe
- Ils nont pas damis et néprouvent aucun
sentiment dappartenance - Ils nont pas de sentiment didentité
- Les enfants vivent la perte de leur langue, de
leur culture, de leur lieu dorigine, et de leur
communauté.
29Le pouvoir des discours dominants
- Ils intériorisent le discours dominant de lécole
- Ils croient être incapables de parler langlais
comme des Canadiens (écart audible) - Ils considèrent nêtre pas à la hauteur et se
jugent inférieurs aux membres du groupe dominant - Ils se jugent incapables dengager la
conversation avec des anglophones natifs - Ils acceptent létiquette sociale dALS
- Ils se reprochent de ne pas parler langlais
30Établissement et intégration
- Les enseignants ont joué un rôle important pour
ce qui est de déterminer les contributions des
enfants à la salle de classe (ressources, temps,
taille de la classe) - Les discours dominants donnent limage délèves
présentant des lacunes absence de compétences en
anglais - Dire des enfants quils viennent au pays sans
posséder de bagages ou de langue revient
à dire que leur langue ou culture ne sont ni
valides ni légitimes - Doù la nécessité dun programme préparatoire
approprié
31Conséquences et recommandations
- Une bonne intégration nécessiterait un changement
radical des rapports de force entre groupes
dominants et groupes dominés - Facteurs déterminant lexpérience des enfants
nouvellement arrivés, qui font face à une
nouvelle culture et à une nouvelle langue
dominantes - Définir les principaux indicateurs à utiliser
pour mesurer lintégration sociale des jeunes
immigrants et réfugiés nouvellement arrivés
(conflits intergénérationnels, apprentissage de
la langue, participation aux activités scolaires
communautaires, activités récréatives, pauvreté)
32Recherches complémentaires
- Un examen critique des politiques et pratiques
appliquées en matière détablissement à
lintention des enfants et des jeunes immigrants
et réfugiés dâge scolaire - Étudier le modèle dintégration qui fonctionne
dans les deux sens (Biles et autres 2008),
tel quil sapplique aux enfants et aux jeunes
dâge scolaire - Étudier lincidence de limmigration sur le
bien-être psychosocial des enfants et des jeunes
immigrants et réfugiés dâge scolaire (âge, sexe,
langue, origine ethnique, catégorie, santé).
33Sharing Our Cultures À la découverte de nos
cultures
- Objectifs de la politique canadienne de
multiculturalisme - Favoriser lavènement dune société où chacun
peut éprouver un attachement et un sentiment
dappartenance envers le Canada, peu importe son
origine - Garantir à tous un traitement juste et équitable,
sans égard à lorigine. - Promouvoir une citoyenneté active pour que tous
puissent contribuer à façonner lavenir de leurs
collectivités.
34- Sharing Our Cultures - À la découverte de nos
cultures - Faire participer les enfants et les jeunes dâge
scolaire possédant des antécédents linguistiques,
culturels et religieux diversifiés à des
activités interculturelles qui culminent par une
manifestation éducative publique. - Donner aux enseignants la possibilité dintégrer
la diversité culturelle aux champs
dapprentissage pertinents. - Collaborer avec les intervenants (universités,
ministères, ONG, communautés ethnoculturelles)
afin de favoriser la compréhension
interculturelle.
35Références Apple, MW 1999, Power, meaning, and
identity essays in critical educational
studies, Peter Lang, New York. Biles, J,
Burstein, M Frideres, J 2008, eds. Immigration
and integration in Canada in the twenty-first
century, Queens University, Kingston. Bourdieu,
P 1977, Outline of a theory of practice,
Cambridge University Press, New York. Bourdieu,
P 1980, The logic of practice, Stanford
University Press, Stanford. Bourdieu, P 1991,
Language and symbolic power, Polity Press,
Londres. Fairclough, N 1989, Language and power,
Longman, Londres et New York. Fairclough, N 1995,
Critical discourse analysis the critical study
of language, Longman, London. Hillier, J
Rooksby, E 2002, eds. Habitus a sense of place,
Ashgate, Aldershot. Luke, A 1995, Text and
discourse in education an introduction to
critical discourse analysis, Review of Research
in Education, vol. 21, no. 1, pp. 3-48. Olwig,
KF Gulløv, E 2003, Towards an anthropology of
children and place, in Childrens places
cross-cultural perspectives, eds. KF Olwig E
Gulløv, pp. 1- 20, Routledge, Londres et New
York.
36Merci
- Lloydetta Quaicoe, PhD Candidate
- University of South Australia
- Lloydetta.quaicoe_at_postgrads.unisa.edu.au
- Sharing Our Cultures
- À la découverte de nos cultures
- 48 Kenmount Road, Box 28107
- St. Johns, NL A1B 4J8
- sharingourcultures_at_gmail.com