Title: ESPACE, PERCEPTION ET LANGAGE: La question des cadres de rfrence
1ESPACE, PERCEPTION ET LANGAGE La question des
cadres de référence
2Perception, conceptualisation, langage
- Nous percevons l'espace et lorganisation des
objets dans l'espace. - Nous agissons dans l'espace et sur des objets
spatiaux. - Nous sommes capables de raisonner sur des
relations spatiales. - Nous pouvons parler de l'espace, des objets
spatiaux et de nos actions, imaginer une
configuration spatiale à partir d'une description
linguistique ou accomplir une action spatiale en
suivant des consignes verbales. - Quest-ce qui rend possible ces interactions
entre perception, action, raisonnement et langage
?
3Lhypothèse de la structure conceptuelle
(Jackendoff, 1983)
- Il y a un niveau unique de représentation
mentale, la structure conceptuelle, où
linformation linguistique, linformation
sensorielle et linformation motrice sont
compatibles entre elles. La structure
conceptuelle doit être au moins aussi riche que
la structure sémantique du langage, mais elle
doit aussi permettre lexpression dinformations
propres aux modalités de lexpérience perceptive.
4Repr. spatiales auditives
Repr. spatiales tactiles
Représentations spatiales conceptuelles
Repr. spatiales visuelles
Repr. spatiales motrices
5Cadres de référence
- La notion de cadre de référence désigne la
manière dont une carte ou représentation spatiale
est structurée et dont les représentations
spatiales sont encodées. - Quels sont les différents cadres de référence
possibles? - Les divers systèmes de représentation spatiale
(perceptifs, moteurs, conceptuels, linguistiques)
utilisent-ils de manière nécessaire ou
préférentielle certains cadres de référence? - Quelles sont les relations de conversion ou
traduction possibles entre cadres de référence? - Lexpérience linguistique a-t-elle une influence
sur les modes dencodage des relations spatiales
au niveau des représentations perceptives et/ou
conceptuelles?
6Typologie des cadres de référence linguistiques
(Levinson, 1996)
- Primitives descriptives
- Système dangles (arcs) étiquetés (par exemple
'devant', 'gauche', 'nord') spécifiés par des
coordonnées centrées sur une origine - Coordonnées
- Polaires (par rotation depuis un axe des x fixe)
ou rectangulaires (par spécification de deux axes
ou plus). - Un système de coordonnées primaire C peut être
déplacé depuis lorigine X sur une origine
secondaire X2 par des transformation de
translation, rotation ou réflexion pour produire
un système de coordonnées secondaires C2.
7- Primitives descriptives (suite)
- Points
- F figure ou référent
- G fond ou relatum
- V point de vue
- X origine du système de coordonnées X2 origine
secondaire - A point dancrage pour fixer les coordonnées
étiquetées - L repère désigné
- Système dancrage
- A point dancrage, par exemple G ou V dans les
systèmes utilisant des repères, A L - Pente système de points ou directions fixes,
donnant des lignes parallèles dans
lenvironnement, dans chaque direction.
8Cadres de référence intrinsèques
- Permettent la représentation dune relation
binaire entre figure et relatum - Lorigine est fixée sur le relatum
- Le système de coordonnées est ancré par les
propriétés intrinsèques de ce relatum. - Il peut sagir de propriétés géométriques
(forme), de propriétés liées au mouvement, de
propriétés fonctionnelles.
9côté
INTRINSEQUE Lhomme est devant la maison
avant
arrière
X
côté
F
G X A
10Cadres de référence absolus
- Permettent la représentation de relations
binaires entre figure et relatum - Lorigine est fixée sur le relatum
- Le système de coordonnées en ancré par des
relations fixes à lenvironnement, points
cardinaux, direction définie par la gravité, etc.)
11ABSOLU Lhomme est nord de la maison
S
E
X
N
O
F
G X
Pente
12Cadres de référence relatifs
- Font intervenir une relation ternaire entre un
référent, un relatum et un point de vue. - Le système primaire de coordonnées a toujours son
origine centrée sur un point de vue. - Il peut exister un système de coordonnées
secondaires avec une origine centrée sur le
relatum. - Les systèmes de coordonnées sont définis
principalement sur des critères perceptifs, dans
le cas du langage essentiellement visuels. - Le point de vue peut être fixe ou mobile.
13RELATIF Lhomme est à gauche de la maison
F
G
droite
X
gauche
V
14RELATIF avec système de coordonnées secondaire
X2 G
arrière
avant
avant
arrière
Français, Tamoul La grenouille est devant larbre
Hausa La grenouille est derrière larbre
G
droite
F
X
gauche
V
15RELATIF avec système de coordonnées secondaire
X2 G
droite
gauche
gauche
droite
Français, Hausa La grenouille est à droite de
larbre
Tamoul La grenouille est à gauche de l'arbre
G
F
droite
X
gauche
V
16RELATIF avec système de coordonnées secondaire
X2 G
arrière
droite
avant
gauche
gauche
avant
arrière
droite
Français
Tamoul
avant
droite
avant
F
droite
X
arrière
gauche
gauche
Hausa
V
arrière
17(No Transcript)
18RELATIONS INVERSES
ABSOLU
RELATIF
INTRINSEQUE
Le ballon est à lest de larbre Larbre est à
louest du ballon
Le singe est à la droite de lours !!!Lours
est à la droite du singe
Le ballon est à droite de larbre Larbre est à
gauche du ballon
19TRANSITIVITE
ABSOLU
RELATIF
INTRINSEQUE
Le ballon est à lest de larbre Larbre est à
lest du drapeau Le ballon est à lest du
drapeau
Le singe est à la droite de lours Lours est à
la droite de la vache !!!Le singe est à la
gauche de la vache
Le ballon est à droite de larbre Larbre est à
droite du drapeau Le ballon est à droite du
drapeau
20Résumé des propriétés des différents CR
21Contraintes cognitives
- CR intrinsèque
- suppose identification préalable des propriétés
du relatum susceptibles dancrer système de
coordonnées. - Conflits possibles entre propriétés utilisables.
- Absence de traits distinctifs de certains objets.
- CR relatif
- Difficultés liées à lapprentissage de la
distinction gauche/droite. - Problèmes de projection du système daxes sur une
origine secondaire. - CR absolu
- Nécessité dun calcul constant des directions
cardinales et utilisation dun système de
navigation à lestime.
22Langues et cadres de référence
- Les CR utilisés dans les différentes langues
naturelles pour la représentation de lespace
ressortissent tous de lun des trois types
intrinsèque, relatif, absolu. - Certaines langues utilisent préférentiellement un
seul type de CR (absolu ou intrinsèque, relatif
semble présupposer intrinsèque) certaines deux
types (intrinsèque et relatif intrinsèque et
absolu) certaines les trois (français, anglais).
23Thèses de Levinson
- Thèse perspectivale Toute représentation de
relations spatiales, quelle soit perceptive,
conceptuelle, ou linguistique, mobilise un cadre
de référence absolu, intrinsèque ou relatif. - Thèse néo-whorfienne le type de cadre de
référence qui domine dans une langue tend à être
adopté à dautres niveaux, non linguistiques de
représentation spatiale chez les locuteurs de
cette langue.
24Thèse perspectivale
- Toute représentation spatiale, perceptive,
conceptuelle ou linguistique, fait usage dun
cadre de référence absolu, relatif ou
intrinsèque. - La principale différence entre représentations
spatiales linguistiques et non-linguistiques
tient à la flexibilité du langage qui, en tant
quinstrument de communication, doit permettre
lexpression du point de vue dautrui et
lexpression de perspectives variées. - Langage grande variété dans le choix des
systèmes de coordonnées et des origines et dans
leurs combinaisons. - Perception origine généralement fixée sur un
centre égocentrique combinaison entre origine et
système de coordonnées nest pas libre mais est
prédéterminée.
25Thèse néo-whorfienne
- Thèse whorfienne classique (forte) la manière
dont nous percevons et concevons le monde est
directement influencée voir déterminée par
lorganisation sémantique et grammaticale de
notre langue. - Thèse néo-whorfienne modérée le cadre de
référence dominant dans une langue vient biaiser
le choix du cadre de référence dans - Divers types de représentations conceptuelles
non-linguistiques - Divers types de représentations perceptives.
26Le cas du Tzeltal
- Études expérimentales menées sur linfluence des
CR linguistiques sur le codage des relations des
relations spatiales dans des tâches spatiales
non-linguistiques. - Avec la population de la communauté indienne de
Tenejapa (Chiapas, Mexique), parlant un dialecte
du Tzeltal, langue Maya très répandue dans la
région. - Les CR du Tzeltal
- CR intrinsèque utilisé uniquement pour le codage
des relations spatiales entre parties dun objet
ou objets strictement contigus. - CR absolu utilisé pour le codage des relations
spatiales entre objets séparés dans lespace. - Pas de CR relatif.
27Sud
AMONT 'ajk'ol'
TRAVERS 'jejch'
TRAVERS 'jejch'
AVAL 'alan'
Nord
28Principe des expériences
TÂCHE Choisir même flèche que stimulus
G
D
Rotation à 180 du sujet
ABSOLU RELATIF
D
G
29Tâche de rappel
30Résultats de la tâche de rappel
Tendance absolue estimée ()
31Tâche de Reconnaissance
32Résultats de la tâche de reconnaissance
33Tâche dinférence
Réponse relative
Réponse absolue
34Résultats de la tâche dinférence
35Interprétation des résultats
- Selon Levinson, les résultats de ces expériences
montrent que le choix dun cadre de référence
pour le codage non-linguistique de linformation
spatiale est influencé par le cadre de référence
dominant dans la langue du sujet. - Objection ces résultats peuvent sexpliquer par
le fait que les sujets utilisent un processus
mnémonique linguistique pour accomplir ces tâches.
36Largument néo-whorfien de Levinson
- Toute modalité de représentation spatiale,
perceptive, conceptuelle ou linguistique,
implique un cadre de référence. - Il y a manifestement un transfert de
linformation spatiale dune modalité à lautre. - Ce transfert intermodal dinformation nest
possible quà lune ou lautre des conditions
suivantes - Il est possible de traduire les informations
spatiales dun cadre de référence à un autre - Un seul et même cadre de référence opère dans
toutes les modalités concernées. - Certaines modalités sont capables dadopter
différents cadres de référence selon le contexte.
37Largument néo-whorfien de Levinson (suite)
- Contre (3 i) les possibilités de traduction ou
de conversion de linformation spatiale dun
cadre de référence à un autre sont très limitées. - Contre (3 ii) Il nest pas vrai que toutes les
modalités opèrent avec le même cadre de
référence. - Donc (de 3, 4 et 5), à un certain niveau de
description, certaines modalités au moins doivent
être capables dadopter différents cadres de
référence selon les besoins du contexte. - Certaines langues, comme le Tzeltal nont quun
seul cadre de référence (absolu). - Ergo Les modalités spatiales doivent être
capables dadopter le cadre de référence dominant
et peut-être unique.
38Objections à largument de Levinson
- L'argument est valide. Si l'on refuse la
conclusion on doit donc contester au moins une
des prémisses. - Il est possible de contester la prémisse (1)
- une représentation spatiale ne mobilise pas
nécessairement un cadre de référence.
(perspectivalité) - Il est possible de contester le présupposé de la
prémisse (3) selon lequel le transfert intermodal
de linformation requiert le partage ou la mise
en commun dun même cadre de référence.(traductibi
litité)
39Trois conceptions des rapports entre niveaux de
représentation spatiale
40Différences entre représentations linguistiques
et représentations perceptives de l'espace
- Les représentations linguistiques de l'espace ont
un grain assez grossier alors que les
représentations perceptives sont analogiques et
peuvent avoir un grain beaucoup plus fin.
(Peacocke, 1989). - Par exemple, dans la perception mais non dans le
langage, toutes les valeurs possibles des
dimensions spatiales sembles pouvoir entrer dans
le contenu de la représentation.
41Différences entre représentations linguistiques
et représentations perceptives de l'espace
- Les représentations spatiales conceptuelles et
linguistiques sont sélectives. Les
représentations perceptives sont toujours
porteuses d'information enchâssée (Dretske,
1981). - Normalement, on ne peut pas percevoir un fait
concernant un objet sans percevoir aussi de
nombreux autres faits le concernant.
L'information perceptive est dense. Ceci vaut
aussi pour les relations spatiales. Normalement,
on ne perçoit pas seulement la distance entre la
chaise et le ballon on perçoit aussi de nombreux
autres faits spatiaux concernant ces objets,
comme leurs relations à d'autres objets et à
l'arrière-. - En revanche, les représentations spatiales
conceptuelles et linguistiques codent
linformation à un niveau plus abstrait et
permettent une représentation sélective de
linformation.
42Différences entre représentations linguistiques
et représentations perceptives de l'espace
- On peut accéder directement à n'importe quelle
région d'une scène perçue, alors que dans le
langage on ne peut accéder qu'indirectement à
certaines régions. - Par exemple, je ne perçois pas la région de mon
champ perceptive qui est en haut à gauche comme
le produit de deux régions ou dimensions en
haut, et à gauche. - Il ne s'agit pas de nier qu'il y ait des
dimensions privilégiées dans la perception (comme
l'horizontal ou la verticale, l'axe
gravitationnel). Mais ces dimensions ne jouent
pas le rôle d'axes relativement auxquels les
régions et les directions seraient localisées.
43Différences entre représentations linguistiques
et représentations perceptives de l'espace
- Souvent dans la perception, l'origine d'un
système de coordonnées ne peut pas être dissocié
des figures qu'on cherche à localiser. Dans le
langage, cette dissociation est possible. - Par exemple, si la perception représente les
choses d'un certain point de vue, le point de vue
est fixé et ne peut être changé (sauf en
imagination).
44Quelle est l'importance de ces différences?
- Ces quatre différences, entre représentations
linguistiques et représentations perceptives de
l'espace sont importantes, mais on peut soutenir
qu'elle ne compromettent pourtant pas la
possibilité d'une traduction ou d'une conversion
entre cadres de références linguistiques et non
linguistiques. Elle ne contredisent pas la thèse
générale selon laquelle la perception et le
langage peuvent utiliser le même type de cadre de
référence. - Tournons-nous vers d'autres différences entre
perception et langage relatives aux
représentations spatiales.
45Perception et cadres de référence absolus.
- Dans les Remarques Philosophiques, Wittgenstein a
soutenu que l'espace visuel utilise un cadre de
référence - We can also say visual space is an oriented
space, a space in which there is an above and
below and a right and left. - En dépit de son usage de termes tels above,
below, right and left, qui semblent faire
référence à des cadres de référence relatifs,
Wittgenstein soutient que le cadre de référence
visuel n'est relatif à rien mais est au contraire
absolu - And this above and below, right and left have
nothing to do with gravity or right and left
hands. It would, e.g., still retain its sense
even if we spent our whole lives gazing at the
stars through a telescope. (206)
46Perception et cadres de référence absolus.
- Quel argument Wittgenstein avance-t-il en faveur
de sa thèse que l'espace visuel utilise un cadre
de référence absolu? Voilà ce qu'il écrit - Cannot we imagine a visual space in which we
perceive only spatial relations, but not absolute
positions? ... I dont think so. In visual
space there is absolute position, and so absolute
motion. Think of the image of two stars in a
pitch-black night, in which I can see nothing but
these stars and they orbit around one another.
47Perception et cadres de référence absolus.
- En fait, cet argument ne vaut que si nous
acceptons le "langage phénoménologique de
Wittgenstein, qu'il oppose au "langage physique".
Si nous adoptons une conception réaliste ou
située de l'espace visuel, son argument ne montre
pas que l'espace visuel est absolu au sens où une
position visuelle pourrait varier indépendamment
de ses relations avec d'autres entités dans le
même espace. - Ce que l'argument montre c'est au mieux que l'on
peut percevoir une position dans l'espace visuel
indépendamment d'une représentation (perceptive)
d'autres positions ou objets.
48Perception et cadres de référence absolus.
- Quand nous voyons deux étoiles qui tournent
l'une autour de l'autre, elles modifient au moins
leur relation par rapport à des parties de notre
corps. En tant qu'observateurs situés, nous
pouvons nous représenter perceptivement ces
changement de position, sans nous représenter
explicitement les relations spatiales aux parties
de notre corps. - Le fait que nous ayons un accès démonstratif
direct aux objets et aux lieux n'implique pas que
nous utilisions un cadre de référence, que nous
nous représentions ces entités comme reliées à un
cadre de référence.
49Perception et cadres de références intrinsèques
- Il y a certainement une différence entre voir la
bouteille comme étant devant la chaise et
simplement voir celle-ci comme proche de
celle-là. - Toutefois, il n'est pas évident que pour
expliquer cette différence il faille recourir à
la notion de cadre de référence. Dans tous les
cas pertinents, on perçoit aussi des propriétés
géométriques et/ou fonctionnelles, en plus des
relations spatiales entre éléments de la scène. - L'analyse perceptive d'un objet en termes de ses
propriétés géométriques et/ou fonctionnelles
sélectionne des faces de l'objet, qui peuvent
servir de termes à d'autres relations spatiales
perceptives. Il ne s'ensuit pas que les objets
soient situés perceptivement relativement à un
cadre de référence intrinsèque.
50Perception et cadres de référence relatifs
- Le fait que la perception soit orientée et ainsi
utilise un cadre de référence relatif a le statut
d'un dogme dans la phénoménologie et la
philosophie anlytique récente - Let us reflect upon we might specify the
spatial information which we imagine the
perception to embody. The subject hears the sound
as coming from such-and-such a position, but how
is the position to be specified? Presumably in
egocentric terms (he hears the sound as up, or
down, to the right or to the left, in front or
behind). These terms specify the position of the
sound in relation to the observers own body and
they derive their meaning in part from their
complicated connections with the subjects
actions. (Evans, 1982 154)
51Perception et cadres de référence relatifs
- Toutefois, le fait que nous spécifions
naturellement les contenus de la perception en
termes égocentriques ne signifie pas que la
perception emploie un cadre de référence
égocentrique. - Il n'est certainement pas nécessaire d'utiliser
un cadre de référence relatif pour distinguer des
direction dans le champ perceptif, comme la
direction droite/gauche par opposition à la
direction gauche/droite. Dans tout contexte
perceptif, la distinction pertinente peut
toujours être faite en termes démonstratifs "la
direction qui va d'ici à là" par opposition à
""la direction qui va de là à ici".
52Perception et cadres de référence relatifs
- Un des grands mérites de Levinson est d'avoir
montré que Kant was wrong to think that the
structure of spatial regions framed on the human
frame, and in particular the distinctions based
on left and right, are in some sense essential
human intuitions (1994 9). - Vers la gauche/droite" n'appartiennent pas à la
perception ce sont des concepts indexicaux ou
des proto-concepts qui constituent le contenu
d'images mentales et permettent la reconnaissance
d'énantiomorphes (comme les mains).
53Contre l'argument de la perspectivalité (prémisse
1)
- La distinction entre référent et relatum n'est
pas toujours significative au niveau de la
perception. - La critique que fait Levinson de l'essentialité
des cadres de référence relatifs est juste, mais
il néglige la possibilité que la perception soit
non-perspectivale, au sens où il n'est fait pas
intervenir de cadre de référence, relatif ou non.
- Les objets distingués (référent et relatum)
peuvent être choisis librement dans la scène
visuelle et leur mode de relation (absolu,
intrinsèque ou relatif) déterminé au niveau de la
représentation conceptuelle et/ou linguistique.
54L'argument de la traductibilité
- Selon Levinson, le transfert intermodal
d'information spatiale suppose le partage ou la
mise en commun dun même cadre de référence. - Est-ce vraiment le cas?
- Bien sûr, il y a certaines contraintes a priori
sur la traduction d'un cadre de référence dans un
autre.
55Relations de convertibilité entre cadres de
référence
56Contre l'argument de la traductibilité (I)
- Les contraintes sur la traductibilité autorisent
des conversions entre représentations
convenablement enchâssées. - Par exemple, une représentation utilisant un
cadre de référence intrinsèque ou relatif
pourrait encoder les directions cardinales de
manière telle que la traduction soit possible
dans une représentation utilisant un cadre de
référence absolu. - Ou encore, une représentation utilisant un cadre
de référence absolu ou intrinsèque peut
comprendre assez d'information sur l'observateur
et sa situation dans la scène pour permettre la
traduction dans une représentation utilisant un
cadre de référence relatif.
57Contre l'argument de la traductibilité (II)
- La transition d'une représentation à une autre
peut être sensible, non seulement à de
l'information explicitement enchâssée, mais aussi
à de l'information implicitement enchâssée. - Par exemple, comme on l'a vu dans la discussion
de Wittgenstein, les représentations perceptives
des positions peuvent exploiter des relations
spatiales à soi-même sans les représenter
explicitement. - Sans doute toute perception est-elle au moins
implicitement égocentrique en ce sens qu'elle
représente seulement des objets, régions et
directions locaux, mais il n'est pas nécessaire
qu'elle les représente comme locaux. - En conséquence, il peut y avoir des transitions
fiables entre représentations même si elles sont
intraduisibles au niveau de leur contenu
explicite.
58Conclusion
- La thèse de perspectivalité, selon laquelle la
notion de localisation est inextricablement liée
à celle de cadres de référence, est fausse si
elle signifie que l'on se représente toujours un
lieu relativement à un cadre de référence. La
perception, par exemple, est non-perspectivale. - Da manière générale, il n'y a pas d'argument
direct qui de l'existence de contraintes de
traduction permette de conclure au
néo-whorfianisme. - Le modèle de transfert intermodal ne devrait pas
être la notion de traduction mais celle de
transitions situées dont la fiabilité est
garantie au moins en partie par des relations
spatiales non-représentées.