Connaissez vous le peintre Claude Verlinde ? Si cela vous tente de mieux le d - PowerPoint PPT Presentation

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Connaissez vous le peintre Claude Verlinde ? Si cela vous tente de mieux le d

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Si cela vous tente de mieux le d couvrir, suivez-moi travers les tableaux et les po mes que j ai choisi pour accompagner chaque uvre ... – PowerPoint PPT presentation

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Title: Connaissez vous le peintre Claude Verlinde ? Si cela vous tente de mieux le d


1
Connaissez vous le peintre Claude Verlinde ? Si
cela vous tente de mieux le découvrir, suivez-moi
à travers les tableaux et les poèmes que jai
choisi pour accompagner chaque œuvreLe diaporama
se présente donc ainsi pour chaque œuvre, après
le tableau entier , admirez en cliquant une
partie agrandie du même tableau, puis en cliquant
encore vous pouvez prendre le temps de lire le
texte que jai choisi pour accompagner ce
tableau. Exemple avec ce tableau
"Invitation au jeu du Théâtre "
2
(No Transcript)
3
Le Fou et la VénusQuelle admirable journée ! Le
vaste parc se pâme sous lœil brûlant du soleil,
comme la jeunesse sous la domination de l'Amour.
L'extase universelle des choses ne s'exprime par
aucun bruit les eaux elles-mêmes sont comme
endormies. Bien différentes des fêtes humaines,
c'est ici une orgie silencieuse. On dirait qu'une
lumière toujours croissante fait de plus en plus
étinceler les objets que les fleurs excitées
brûlent du désir de rivaliser avec l'azur du ciel
par l'énergie de leurs couleurs, et que la
chaleur, rendant visibles les parfums, les fait
monter vers l'astre, comme des fumées. Cependant,
dans cette jouissance universelle, j'ai aperçu un
être affligé. Aux pieds d'une colossale Vénus, un
de ces fous artificiels, un de ces bouffons
volontaires chargés de faire rire les rois quand
le Remords ou l'Ennui les obsède, affublé d'un
costume éclatant et ridicule, coiffé de cornes et
de sonnettes, tout ramassé contre le piédestal,
lève des yeux pleins de larmes vers l'immortelle
déesse. Et ses yeux disent "Je suis le dernier
et le plus solitaire des humains, privé d'amour
et d'amitié, et bien inférieur en cela au plus
imparfait des animaux. Cependant je suis fait,
moi aussi, pour comprendre et sentir l'immortelle
beauté ! Ah ! déesse ! Ayez pitié de ma tristesse
et de mon délire. " Mais l'implacable Vénus
regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de
marbre. " Charles Baudelaire
4
Je vous propose 3 parties dans ce diaporama de
231 diapositives1ère partie Introduction à
lœuvre de Claude Verlinde daprès une interview
de lartiste réalisée par Emmanuelle
Tenailleau2ème partie Ballade à travers les
œuvres de Claude Verlinde. Comme dans un musée
vous pouvez faire cette balade en plusieurs fois
(à partir de la diapositive numéro 23)3ème
partie Conclusion du diaporama à travers la
suite de linterview de lartiste par Emmanuelle
Tenailleau (à partir de la diapositive numéro
216)Comme vous le voyez ce diaporama est assez
long, bon visionnage pour ceux et celles qui
seront intéressés.
5
1ère partie Introduction à lœuvre de Claude
Verlinde, un maître de lArt Visionnaire
6
Une partie de sa peinture est dans la lignée des
oeuvres de Hieronimus Bosch, des mystiques
flamands et de la Renaissance. Il mêle dans ses
oeuvres poésie et philosophie.Ci-contreLES
APPATS
7
(No Transcript)
8
Les toiles de Claude Verlinde touchent à lâme de
celui qui les regarde, lentraînent vers des
univers souvent refoulés, suscitent le rêve,
limagination et les visions. Elles invitent à
franchir les frontières pour oser la
découverte.Ci-contreLE JOUEUR DE FEMME
9
et LE FANTASME DES FANTASMES
10
 L'ame d'un amant vit au corps d'autruy, non pas
au sien .Antonius, Citation de Jacques Amyot
11
LE BATELEUREn tant que carte de tarot, le
bateleur nous présente le monde comme un jeu
parallèle à la réalité. Les éléments essentiels
de la vie sont à notre disposition à nous
dentrer dans larène et den user. Jouer sil se
peut avec le sens du paradoxe, les choses sont et
ne sont pas sur ce fait, il nest pas demandé
de choisir mais daccorder.
12
LINSTANT Imaginez un instant la vie comme le
passage court, très court, d'un tunnel sombre à
un autre néant, tout aussi inquiétant.
13
Le temps d'un instant, voyez le soleil de
l'enfance illuminer le visage poupon de l'homme
encore étonné d'être là. La vie tient, dit-on, à
un fil qu'on voit ici linéaire, tendu, sans
surprise, le long duquel défilent les jours et
les nuits humaines. Contemplez un instant la
farce de lexistence. Jouet du destin, l'homme
affiche son incompréhension, pressentant, sans la
voir, sa compagne de toujours, la mort, qui rit
de sa victoire prévisible. Cette histoire a lieu,
a eu lieu, aura lieu ici, là, et nulle part, en
plein cœur d'une ville comme la vôtre, ou
peut-être un peu différente, ailleurs, plus
loin... Aucun sentiment tragique n'agite ce
constat terrible. Peut-être parce que ce monstre
hybride ne favorise pas son identification
immédiate. Et pourtant
14
 Je peint ce qui vaut la peine dêtre peint. Un
artiste doit à chaque moment voir le monde comme
sil arrivait dune autre planète et quil
découvrait tout à coup la Terre. Je crois quà ce
moment là nous aurions beaucoup de questions à
poser et beaucoup de choses à comprendre. 
Claude Verlinde
La bibliothèque
15
La nature humaine est faite de telle manière
que l'homme ne perçoit du monde que ce qu'il veut
y voir Il n'est pourtant pas difficile de
constater comme le monde est fantastique Claude
Verlinde
Épouvantails
16
Non, ma peinture n'est pas fantastique je ne
peins que ce que je vois , se défend Claude
Verlinde.
La tour d'ivoire
17
Le démiurge À larrière il y a le démiurge
sombre avec le personnage qui regarde en haut qui
est la réflexion, cest très élastique... cest
symbolique, cest réduit à quelques chose de
local, cest le démiurge en fait qui a cette
ville un peu comme un jouet, cest pas son
oeuvre, ce nest pas lui qui la décidée mais
cest lui qui la exécutée. Claude Verlinde
Le démiurge
18
(No Transcript)
19
 Regardez le ciel ! Qui s'arrête lorsque le
soleil l'envahit de couleurs extraordinaires ?
Sans doute, le monde, trop vu, n'est-il plus
vu.  Vivre dans la lumière est si habituel que,
sauf pour une communication scientifique, il est
parfaitement superflu de la mentionner. La
lumière prend toute son ampleur en devenant pour
l'imagination un torrent blafard qui extirpe du
néant des myriades d'objets. Penser que la
lumière fouille les ténèbres ou se répand comme
un liquide, provoque une sensation qui inonde les
habitudes  Claude Verlinde
Le chant du monde
20
(No Transcript)
21
Ce que dit la bouche d'ombre Sache que tout
connaît sa loi, son but, sa routeQue, de
l'astre au ciron, l'immensité écouteQue tout a
conscience en la créationEt l'oreille pourrait
avoir sa vision,Car les choses et l'être ont un
grand dialogue.Tout parle l'air qui passe et
l'alcyon qui vogue,Le brin d'herbe, la fleur, le
germe, l'élément.Non, l'abîme est un prêtre et
l'ombre est un poèteNon, tout est une voix et
tout est un parfumTout dit dans l'infini
quelque chose à quelqu'unUne pensée emplit le
tumulte superbe.Dieu n'a pas fait un bruit sans
y mêler le Verbe.Tout, comme toi, gémit ou
chante comme moiTout parle. Et maintenant,
homme, sais-tu pourquoiTout parle? Écoute bien.
C'est que vents, ondes, flammeArbres, roseaux,
rochers, tout vit! Victor Hugo
22
Claude Verlinde regarde. Le ciel et beaucoup
d'autres choses. Il réfléchit. Le spectacle sans
cesse renouvelé de la folie, de la bêtise, de la
beauté aussi fournit une manne prolixe de sujets
d'interrogation à son esprit lucide. Puis il
peint. Ses sujets s'alimentent de ses réflexions
aux conclusions d'humaniste sans illusion. Sans
prétention, il leur accorde le statut de vérités
premières, certain que la peinture rendra leur
banalité extraordinaire. Aussi son œuvre
évoque-t-elle, en visions de la condition
humaine, les divertissements de pantins, la
prétention des êtres de tissu gonflé, la vacuité
des paroles de papier, la liberté illusoire des
enracinés. Elle image aussi la beauté suave du
rêve, l'immensité merveilleuse et angoissante de
l'univers, le mystère de l'être humain, sa
solitude
23
2ème partieBallade à travers les œuvres de
Claude Verlinde.. Comme dans un musée vous
pouvez faire cette balade en plusieurs fois
24
AphroditeL'élément central de cette figure
grecque est son pouvoir de séduction divinité
de l'amour, elle est à la fois celle qui inspire
l'amour imparable (qui peut conduire aux
pires folies) et celle à qui l'on doit les
douces œuvres du mariage . Apparaît ainsi
l'ambiguïté d'Aphrodite, qui, d'un côté
bénéfique, est l'Aphrodite de la séduction de
persuasion et, de l'autre, préside au leurre
séducteur de la femme. (cf. M. Detienne)
25
(No Transcript)
26
(No Transcript)
27
La Naissance d'AphroditéAvant tout, le Chaos
enveloppait les mondesOù roulaient sans mesure
et l'Espace et le Temps Puis Gaia, favorable à
ses fils les Titans,Leur prêta son grand sein
aux mamelles fécondes. Ils tombèrent. Le Styx
les couvrit de ses ondes.Et jamais, sous l'éther
foudroyé, le PrintempsN'avait fait resplendir
les soleils éclatants,Ni l'Eté généreux mûri les
moissons blondes.Farouches, ignorants des rires
et des jeux,Les Immortels siégeaient sur
l'Olympe neigeux.Mais le ciel fit pleuvoir la
virile rosée L'Océan s'entr'ouvrit, et dans sa
nuditéRadieuse, émergeant de l'écume
embrasée,Dans le sang d'Ouranos fleurit
Aphrodité.José-Maria de Hérédia
28
ArlequinValet comique, il est connu pour sa
bouffonnerie. Il fait preuve de peu
d'intelligence, il est bête, famélique, crédule
et paresseux. Il est toujours en quête de
nourriture et pour en trouver, il est capable
d'inventer toutes sortes de stratagèmes,
pirouettes ou acrobaties, mais le reste du temps,
il cherche avant tout à dormir et éviter le
moindre effort. (Wikipédia)
29
(No Transcript)
30
(No Transcript)
31
CREPUSCULEà Mademoiselle Marie
Laurencin. Frôlée par les ombres des mortsSur
l'herbe où le jour s'exténueL'arlequine s'est
mise nueEt dans l'étang mire son corps Un
charlatan crépusculaireVante les tours que l'on
va faireLe ciel sans teinte est
constelléD'astres pâles comme du lait 
Sur les tréteaux l'arlequin blêmeSalue d'abord
les spectateursDes sorciers venus de
BohêmeQuelques fées et les enchanteurs Ayant
décroché une étoileIl la manie à bras
tenduTandis que des pieds un penduSonne en
mesure les cymbales L'aveugle berce un bel
enfantLa biche passe avec ses faonsLe nain
regarde d'un air tristeGrandir l'arlequin
trismégiste Guillaume APOLLINAIRE
32
CythèreCythère est une île grecque où se trouve
le sanctuaire d'Aphrodite, la déesse de la beauté
et de l'amour. Cythère constitue une allégorie
des plaisirs amoureux. Le langage de l'amour est
avant tout un langage corporel que les poètes
voilent pudiquement d'images surréalistes ou
d'une floraison d'analogies dont celle de la
femme-fleur.
33
(No Transcript)
34
(No Transcript)
35
Un voyage à CythèreMon cœur, comme un oiseau,
voltigeait tout joyeux Et planait librement à
l'entour des cordages Le navire roulait sous un
ciel sans nuages, Comme un ange enivré d'un
soleil radieux. Quelle est cette île triste et
noire ? - C'est Cythère, Nous dit-on, un pays
fameux dans les chansons, Eldorado banal de tous
les vieux garçons. Regardez, après tout, c'est
une pauvre terre. - Ile des doux secrets et des
fêtes du cœur ! De l'antique Vénus le superbe
fantôme Au-dessus de tes mers plane comme un
arôme, Et charge les esprits d'amour et de
langueur. Belle île aux myrtes verts, pleine de
fleurs écloses, Vénérée à jamais par toute
nation, Où les soupirs des cœurs en adoration
Roulent comme l'encens sur un jardin de roses Ou
le roucoulement éternel d'un ramier ! - Cythère
n'était plus qu'un terrain des plus maigres, Un
désert rocailleux troublé par des cris aigres.
J'entrevoyais pourtant un objet singulier ! Ce
n'était pas un temple aux ombres bocagères, Où la
jeune prêtresse, amoureuse des fleurs, Allait, le
corps brûlé de secrètes chaleurs, Entre-bâillant
sa robe aux brises passagères Mais voilà qu'en
rasant la côte d'assez près Pour troubler les
oiseaux avec nos voiles blanches, Nous vîmes que
c'était un gibet à trois branches, Du ciel se
détachant en noir, comme un cyprès. Charles
Baudelaire
36
Dans le tiroirElle vendait ses attraits et son
corps aux amants,Peut-on donner lamour, quand
le cœur est distrait ?... Un marin que la mer
délaissa un été,Qui laima une nuit, et puis
sen est allé(Antigone La fille de joie)
37
(No Transcript)
38
(No Transcript)
39
Jacques Brel AmsterdamDans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui chantent Les rêves qui les
hantent Au large d'Amsterdam Dans le port
d'Amsterdam Y a des marins qui dorment Comme des
oriflammes Le long des berges mornes Dans le port
d'Amsterdam Y a des marins qui meurent Pleins de
bière et de drames Aux premières lueurs Mais dans
le port d'Amsterdam Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse Des langueurs océanes
Dans le port d'Amsterdam Y a des marins qui
mangent Sur des nappes trop blanches Des poissons
ruisselants Ils vous montrent des dents A croquer
la fortune A décroisser la lune A bouffer des
haubans Et ça sent la morue Jusque dans le cœur
des frites Que leurs grosses mains invitent A
revenir en plus Puis se lèvent en riant Dans un
bruit de tempête Referment leur braguette Et
sortent en rotant Dans le port d'Amsterdam Y a
des marins qui dansent En se frottant la panse
Sur la panse des femmes Et ils tournent et ils
dansent Comme des soleils crachés Dans le son
déchiré D'un accordéon rance Ils se tordent le
cou Pour mieux s'entendre rire Jusqu'à ce que
tout à coup L'accordéon expire Alors le geste
grave Alors le regard fier Ils ramènent leur
batave Jusqu'en pleine lumière Dans le port
d'Amsterdam Y a des marins qui boivent Et qui
boivent et reboivent Et qui reboivent encore Ils
boivent à la santé Des putains d'Amsterdam De
Hambourg ou d'ailleurs Enfin ils boivent aux
dames Qui leur donnent leur joli corps Qui leur
donnent leur vertu Pour une pièce en or Et quand
ils ont bien bu Se plantent le nez au ciel Se
mouchent dans les étoiles Et ils pissent comme je
pleure Sur les femmes infidèles Dans le port
d'Amsterdam Dans le port d'Amsterdam
.
40
La danse macabreLe thème de la danse macabre
apparaît dans des poèmes de la fin du XIIIe ou du
début du XIVe siècle qui, tel le Dict des trois
morts et des trois vifs, évoquaient
l'inéluctabilité et l'impartialité de la mort.
41
(No Transcript)
42
(No Transcript)
43
La torche Je vous aime, mon corps, qui
fûtes son désir, Son champ de jouissance et son
jardin d'extase Où se retrouve encor le goût de
son plaisir Comme un rare parfum dans un précieux
vase. Je vous aime, mes yeux, qui restiez éblouis
Dans l'émerveillement qu'il traînait à sa suite
Et qui gardez au fond de vous, comme en deux
puits, Le reflet persistant de sa beauté
détruite. ... Je vous aime, mon cœur, qui
scandiez à grands coups Le rythme exaspéré des
amoureuses fièvres, Et mes pieds nus noués aux
siens et mes genoux Rivés à ses genoux et ma peau
sous ses lèvres... Je vous aime ma chair, qui
faisiez à sa chair Un tabernacle ardent de
volupté parfaite Et qui preniez de lui le
meilleur, le plus cher, Toujours rassasiée et
jamais satisfaite. Et je t'aime, ô mon âme avide,
toi qui pars - Nouvelle Isis - tentant la
recherche éperdue Des atomes dissous, des
effluves épars De son être où toi-même as soif
d'être perdue. Je suis le temple vide où tout
culte a cessé Sur l'inutile autel déserté par
l'idole Je suis le feu qui danse à l'âtre
délaissé, Le brasier qui n'échauffe rien, la
torche folle... Et ce besoin d'aimer qui n'a plus
son emploi Dans la mort, à présent retombe sur
moi-même. Et puisque, ô mon amour, vous êtes tout
en moi Résorbé, c'est bien vous que j'aime si je
m'aime.Marie NIZET
44
La marchande d'illusionsLe mot illusion vient
de "illudere" qu'on peut traduire par "se jouer
de". L'illusion est à tous les tournants de
l'effort de connaître. Elle mine la perception,
se marie à l'imagination, se fait complice du
sentiment, est au soupçon du doute. Il s'agit
souvent de se tromper soi-même pour des raisons
émotionnelles, telles que l'enthousiasme, le
découragement, la passion etc. liées à la peur,
le désir, l'action en cours, la volonté de
puissance, les sentiments d'amour ou de haine, la
crainte d'être floué, la passion de la vérité.
45
(No Transcript)
46
(No Transcript)
47
Ma Belle, Ma VoyanteComme le poète lisait
l'heureDans ses yeux je vois l'avenirEt tous
ces jours à venirPortent un parfum de
bonheurPoint n'est besoin d'oracleNi de
cartomancienneNi de ces lois anciennesPour me
dire des miraclesCar elle et elle seule
suffitLoin des cartes et du cristalDes lignes
et du signe astralA imaginer douce cette
vieJowel Kabila
48
Le loupOn ne m'aime pas du tout mon poil
n'est pas doux doux doux On ne m'aime pas du
tout je vis au fond de mon trou On ne
m'aime pas du tout on me chasse de partout
On ne m'aime pas du tout on m'appelle
méchant loup On ne m'aime pas du tout et
je hurle comme un fou
49
(No Transcript)
50
(No Transcript)
51
Les mendiants Les jours d'hiver quand le froid
serre Le bourg, le clos, le bois, la fange,
Poteaux de haine et de misère, Par l'infini de la
campagne, Les mendiants ont l'air de fous. Dans
le matin, lourds de leur nuit, Ils s'enfoncent au
creux des routes, Avec leur pain trempé de pluie
Et leur chapeau comme la suie Et leurs grands dos
comme des voûtes Et leurs pas lents rythmant
l'ennui Midi les arrête dans les fossés Pour
leur repas ou leur sieste On les dirait
immensément lassés Et résignés aux mêmes gestes
Pourtant, au seuil des fermes solitaires, Ils
surgissent, parfois, tels des filous, Le soir,
dans la brusque lumière D'une porte ouverte tout
à coup. Les mendiants ont l'air de fous. Ils
s'avancent, par l'âpreté Et la stérilité du
paysage, Qu'ils reflètent, au fond des yeux
Tristes de leur visage Avec leurs hardes et
leurs loques Et leur marche qui les disloque,
L'été, parmi les champs nouveaux, Ils épouvantent
les oiseaux Et maintenant que Décembre sur les
bruyères S'acharne et mord Et gèle, au fond des
bières, Les morts, Un à un, ils s'immobilisent
Sur des chemins d'église, Mornes, têtus et
droits, Les mendiants, comme des croix. Avec leur
dos comme un fardeau Et leur chapeau comme la
suie, Ils habitent les carrefours Du vent et de
la pluie. Ils sont le monotone pas - Celui qui
vient et qui s'en va Toujours le même et jamais
las - De l'horizon vers l'horizon. Ils sont
l'angoisse et le mystère Et leurs bâtons sont les
battants Des cloches de misère Qui sonnent à mort
sur la terre. Aussi, lorsqu'ils tombent enfin,
Séchés de soif, troués de faim, Et se terrent
comme des loups, Au fond d'un trou, Ceux qui s'en
viennent, Après les besognes quotidiennes,
Ensevelir à la hâte leur corps Ont peur de
regarder en face L'éternelle menace Qui luit sous
leur paupière, encor. Émile Verhaeren
52
Le Mariage Le mariage implique en général des
relations sexuelles entre les époux (devoir
conjugal légalement obligatoire jusqu'à récemment
dans la plupart des législations, et encore
aujourd'hui dans de nombreux pays), la
non-consommation du mariage pouvant être une
cause d'annulation de celui-ci.  (Wikipédia)
53
(No Transcript)
54
(No Transcript)
55
L'avis du mariageToi qui veux femme choisir, A
plaisir, Si ta belle te demeure, Des amis de ses
beaux yeux Curieux, Te viendront voir à toute
heure.Si tu mets en ta maison, Sans raison, La
laide et mal gracieuse, Elle qui rechignera, Te
sera Toute sa vie ennuyeuse.Si de force
dépourvu, Tu as eu La femme jeune et féconde,
C'est un cheval, pour soudain, Comme un daim, Te
porter en l'autre monde.Si tu veux par fol désir
Te saisir De la vieille jà chenue, Tu
regretteras toujours Les beaux jours De ta
jeunesse perdue.Si tu veux la riche avoir, Son
avoir La rendra bien si rebelle, Qu'elle te
méprisera Et dira Que tu ne vivrais sans elle.Si
la pauvre tu attends, Le bon temps, Chez-toi,
n'arrêtera guère Pauvreté par désarroi, Tire à
soi Toute sorte de misère.Si d'avarice surpris,
Tu as pris Une femme fausse et fière Tu t'es mis
la corde au col, Comme un fol,Qui se noie en la
rivière.Mais toi qui par ton savoir, Dis avoir
Femme belle et bonne ensemble Ô beau Phénix
devenu, Cher tenu, Heureux est qui te ressemble !
Claude MERMET
56
Le viceChez la femme fatale, l'être disparaît
sous l'apparence, le corps sous l'artifice, elle
séduit les âmes car elle stimule l'imagination.
Elle incarne le mystère, l'ambiguïté physique et
morale, l'équivoque, le danger. En séduisant les
hommes pour les conduire à leur perte, elle
rejoint la créature que Satan utilise pour
détourner les hommes du bien. La femme fatale
présente toujours aux yeux de l'homme la même
alliance de mal et d'artifice, de séduction et de
répulsion, et elle symbolise pour l'homme envoûté
la même menace existentielle. (cf. Sabine De La
Haye) Un sourire à peine perceptible,
énigmatique, anime le visage impassible de cette
femme-démon, auréolée d'une coiffe en forme de
visage muni de plusieurs nez et langues
57
(No Transcript)
58
(No Transcript)
59
Ton voile noir te fait approuver feinteTon
voile noir te fait approuver feinte, Il te
déguise en cachant tes beaux yeux, Et si
convient à ton voeu soucieux, Qui est couvert de
religion sainte.Certainement toute chose
contrainte Est haïssable aux hommes et aux dieux
Par force on entre au couvent odieux Qui rend
la vie étroitement étreinte.Tu me diras " J'y
ai dévotion ", Quelle folie aimer l'affliction,
Vu que bonté est souvent dangereuse !Ainsi
plusieurs se gâtent du bon vin,En bonne terre
est le mauvais chemin, Et ta vertu est ainsi
vicieuse...Marc de Papillon de Lasphrise
60
Le vice et la vertuLa femme une tentatrice et
une pécheressePendant le Moyen Âge, la femme est
représentée de quatre façons, chacune ayant une
dimension symbolique différente. La femme c'est
d'abord Ève, qui incarne le péché et le vice.
Beaucoup de fresques et de tableaux mettent en
scène l'histoire d'Adam et Ève pour montrer la
culpabilité de la femme. Ève est souvent nue mais
ce n'est pas pour mettre son corps en valeur. La
femme c'est aussi le Diable qui essaie de tenter
les fidèles, en particulier les moines.
L'analogie entre le Diable et le sexe féminin
symbolise la tentation que représente la femme.
C'est aussi une mise en garde pour le fidèle le
démon est partout, il doit se méfier. Ensuite, la
femme symbolise la tentation à travers le serpent
qui prend un aspect anthropomorphe. En effet, il
a souvent un visage de femme aux cheveux longs,
symbole de la séduction. Enfin, la femme c'est
aussi la Vierge, l'exaltation de la maternité et
de la virginité. A travers ces quatre
représentations de la femme, l'Église envoie un
message clair à ses fidèles les femmes ne
sont pas sujet commettant un péché, mais un moyen
de pécher offert à l'homme elles représentent
le vice et la luxure. Seule Marie incarne des
valeurs nobles.
61
(No Transcript)
62
(No Transcript)
63
QUAND LES VERTUS DU VICELes vertus sont liées à
tous nos petits vices, Qui les rendent légers,
quelquefois raffinés Soyons donc indulgents de
nos gourmands caprices, Aux dépends des vertus,
puisquils sont contournés. Il faut être courtois
aux qualités du vice Un vice sans plaisir étant
moins que vertu Nayons point de remords, ou
lâme accusatrice, Vivons, par conséquent, sans
en être abattu. Nous ne sommes juges Dieu
jugera pour mous Faisons part équitable aux
charmes de la vie Ni apôtres du vice au temps
dun rendez-vous, Ni blâmant la vertu, si elle
nous convie. Il faut morale à tout conservons
nos défauts Calculer la vertu cest instruire le
vice Le vice est dans la nuit, mais il a des
faisceaux La vertu, au grand jour, nest
parfois que factice Un vice spontané est vertu
dinnocence Sil est simple et naïf reste un
vice commun. Les vices déguisés ont, seuls, une
indécence, Sagitant dans lorgueil qui est
inopportun. Cest ce qui me fait dire à vous,
tous mes amis, Quun vice tient lusage et
shabille aux vertus Car, en vertu de quoi, à
nos vices soumis, La vertu, trop guindée, à des
sous-entendus. Ôter lespoir au vice, il me
semble, est donner Une arme à la vertu qui est
capricieuse, Comme un masque de mœurs pour se
dédouaner, Corriger tel abus de façon
pointilleuse. Par nature ou instinct, les deux
sont en usage Le vice échappe aux lois, vertu a
bon aloi Mais pardonnons au vice, et montrons
son visage, Rendons-lui politesse il nous sert,
quelquefois André Laugier
64
L'Aiguillage"Quand plusieurs routessoffriront
à toiet que tu ne sauras paslaquelle
choisir,nen prends pas une au hasard,mais
assieds-toi et attends.Respire
profondément,avec confiance,comme le jouroù tu
es venu au monde.Sans te laisser distraire par
rien,attends encore et encore.Ne bouge
pas,tais-toi et écoute ton cœur.Puis quand il
te parlera,lève-toi et vas où il te
porte."Susanna Tamaro
65
(No Transcript)
66
(No Transcript)
67
Marceline Desbordes-Valmore A
l'amourReprends de ce bouquet les trompeuses
couleurs, Ces lettres qui font mon supplice, Ce
portrait qui fut ton complice Il te ressemble,
il rit, tout baigné de mes pleurs. Je te rends ce
trésor funeste, Ce froid témoin de mon affreux
ennui. Ton souvenir brûlant, que je déteste, Sera
bientôt froid comme lui. Oh ! Reprends tout. Si
ma main tremble encore, C'est que j'ai cru te
voir sous ces traits que j'abhorre. Oui, j'ai cru
rencontrer le regard d'un trompeur Ce fantôme a
troublé mon courage timide. Ciel ! On peut donc
mourir à l'aspect d'un perfide, Si son ombre fait
tant de peur ! Comme ces feux errants dont le
reflet égare, La flamme de ses yeux a passé
devant moi Je rougis d'oublier qu'enfin tout
nous sépare Mais je n'en rougis que pour toi.
Que mes froids sentiments s'expriment avec peine
! Amour... que je te hais de m'apprendre la haine
! Éloigne-toi, reprends ces trompeuses couleurs,
Ces lettres, qui font mon supplice, Ce portrait,
qui fut ton complice Il te ressemble, il rit,
tout baigné de mes pleurs ! Cache au moins ma
colère au cruel qui t'envoie, Dis que j'ai tout
brisé, sans larmes, sans efforts En lui
peignant mes douloureux transports, Tu lui
donnerais trop de joie. Reprends aussi, reprends
les écrits dangereux, Où, cachant sous des fleurs
son premier artifice, Il voulut essayer sa
cruauté novice Sur un cœur simple et malheureux.
Quand tu voudras encore égarer l'innocence, Quand
tu voudras voir brûler et languir, Quand tu
voudras faire aimer et mourir, N'emprunte pas
d'autre éloquence. L'art de séduire est là, comme
il est dans son coeur ! Va ! Tu n'as plus besoin
d'étude. Sois léger par penchant, ingrat par
habitude, Donne la fièvre, amour, et garde ta
froideur. Ne change rien aux aveux pleins de
charmes Dont la magie entraîne au désespoir Tu
peux de chaque mot calculer le pouvoir, Et
choisir ceux encore imprégnés de mes larmes... Il
n'ose me répondre, il s'envole... il est loin.
Puisse-t-il d'un ingrat éterniser l'absence ! Il
faudrait par fierté sourire en sa présence
J'aime mieux souffrir sans témoin. Il ne
reviendra plus, il sait que je l'abhorre Je
l'ai dit à l'amour, qui déjà s'est enfui. S'il
osait revenir, je le dirais encore Mais on
approche, on parle... hélas ! Ce n'est pas lui !
68
La folieDe toutes les femmesque j'ai étéje
préfèrela Femmeque je suisAujourd'hui.Irène
Assiba d'Almeida
69
(No Transcript)
70
(No Transcript)
71
La Loreley Appollinaire A Bacharach il y
avait une sorcière blonde Qui laissait mourir
d'amour tous les hommes à la ronde Devant son
tribunal l'évêque la fit citer D'avance il
l'absolvit à cause de sa beauté O belle Loreley
aux yeux pleins de pierreries De quel magicien
tiens-tu ta sorcellerie Je suis lasse de vivre et
mes yeux sont maudits Ceux qui m'ont regardée
évêque en ont péri Mes yeux ce sont des flammes
et non des pierreries Jetez jetez aux flammes
cette sorcellerie Je flambe dans ces flammes Ô
belle Loreley Qu'un autre te condamne tu m'as
ensorcelé Evêque vous riez Priez plutôt pour moi
la Vierge Faites-moi donc mourir et que Dieu vous
protège Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien Mon
cœur me fait si mal il faut bien que je meure Si
je me regardais il faudrait que j'en meure Mon
cœur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
Mon cœur me fit si mal du jour où il s'en alla
L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs
lances Menez jusqu'au couvent cette femme en
démence Va t'en Lore en folie va Lore aux yeux
tremblants Tu seras une nonne vêtue de noir et
blanc Puis ils s'en allèrent sur la route tous
les quatre La Loreley les implorait et ses yeux
brillaient comme des astres Chevaliers
laissez-moi monter sur ce rocher si haut Pour
voir une fois encore mon beau château Pour me
mirer une fois encore dans le fleuve Puis j'irai
au couvent des vierges et des veuves Là-haut le
vent tordait ses cheveux déroulés Les chevaliers
criaient Loreley Loreley Tout là-bas sur le Rhin
s'en vient une nacelle Et mon amant s'y tient il
m'a vue il m'appelle Mon cœur devient si doux
c'est mon amant qui vient Elle se penche alors et
tombe dans le Rhin Pour avoir vu dans l'eau la
belle Loreley Ses yeux couleur du Rhin ses
cheveux de soleil.
72
Le parfumDe ses cheveux élastiques et
lourds,Vivant sachet, encensoir de l'alcôve,Une
senteur montait, sauvage et fauve,Et des habits,
mousseline ou velours,Tout imprégnés de sa
jeunesse pure,Se dégageait un parfum de
fourrure.Baudelaire
73
(No Transcript)
74
(No Transcript)
75
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire Que
diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,Que
diras-tu, mon cœur, cœur autrefois flétri,A la
très belle, à la très bonne, à la très
chère,Dont le regard divin t'a soudain
refleuri? - Nous mettrons notre orgueil à
chanter ses louangesRien ne vaut la douceur de
son autoritéSa chair spirituelle a le parfum
des Anges,Et son oeil nous revêt d'un habit de
clarté. Que ce soit dans la nuit et dans la
solitude,Que ce soit dans la rue et dans la
multitude,Son fantôme dans l'air danse comme un
flambeau. Parfois il parle et dit " Je suis
belle, et j'ordonneQue pour l'amour de moi vous
n'aimiez que le BeauJe suis l'Ange gardien, la
Muse et la Madone. " Charles Baudelaire
76
Le poète
Comme un regard d'amour que la pudeur ombrage
Je visiterais l'homme et s'il est ici-bas Un
front pensif, des yeux qui ne se ferment pas, Une
âme en deuil, un coeur qu'un poids sublime
oppresse, Répandant devant Dieu sa pieuse
tristesse Un malheureux au jour dérobant ses
douleurs Et dans le sein des nuits laissant
couler ses pleurs, Un génie inquiet, une active
pensée Par un instinct trop fort dans l'infini
lancée Mon rayon pénétré d'une sainte
amitié Pour des maux trop connus prodiguant sa
pitié, Comme un secret d'amour versé dans un
coeur tendre, Sur ces fronts inclinés se plairait
à descendre! Ma lueur fraternelle en découlant
sur eux Dormirait sur leur sein, sourirait à
leurs yeux Je leur révélerais dans la langue
divine Un mot du grand secret que le malheur
devine Je sécherais leurs pleurs et quand
l'oeil du matin Ferait pâlir mon disque à
l'horizon lointain, Mon rayon en quittant leur
paupière attendrie Leur laisserait encor la vague
rêverie, Et la paix et l'espoir et, lassés de
gémir, Au moins avant l'aurore ils pourraient
s'endormir. Alphonse de LAMARTINE
77
(No Transcript)
78
(No Transcript)
79
Bénédiction BaudelaireLorsque, par un décret
des puissances suprêmes, Le Poète apparaît en ce
monde ennuyé, Sa mère épouvantée et pleine de
blasphèmes Crispe ses poings vers Dieu, qui la
prend en pitiéPourtant, sous la tutelle
invisible d'un Ange, L'enfant déshérité s'enivre
de soleil, Et dans tout ce qu'il boit et dans
tout ce qu'il mange Retrouve l'ambroisie et le
nectar vermeil. II joue avec le vent, cause avec
le nuage, Et s'enivre en chantant du chemin de la
croix Et l'Esprit qui le suit dans son
pèlerinage Pleure de le voir gai comme un oiseau
des bois. Tous ceux qu'il veut aimer l'observent
avec crainte, Ou bien, s'enhardissant de sa
tranquillité, Cherchent à qui saura lui tirer une
plainte, Et font sur lui l'essai de leur
férocité Sa femme va criant sur les places
publiques " - Puisqu'il me trouve assez belle
pour m'adorer, Je ferai le métier des idoles
antiques, Et comme elles je veux me faire
redorer Et je me soûlerai de nard, d'encens, de
myrrhe, De génuflexions, de viandes et de vins,
Pour savoir si je puis dans un cœur qui m'admire
Usurper en riant les hommages divins!" - Soyez
béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance Comme un
divin remède à nos impuretés Et comme la
meilleure et la plus pure essence Qui prépare les
forts aux saintes voluptés! Je sais que vous
gardez une place au Poète Dans les rangs
bienheureux des saintes Légions, Et que vous
l'invitez à l'éternelle fête Des Trônes,des
Vertus,des Dominations
80
La libertéAucune contradictionTout est permis
?Liberté, liberté chérie !A toi cette libertéA
toi le droitA toi de disposerSelon ton bon
vouloir..
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(No Transcript)
82
(No Transcript)
83
Au bord de la mer Près de la mer, sur un de ces
rivages Où chaque année, avec les doux zéphyrs,
On voit passer les abeilles volages Qui, bien
souvent, n'apportent que soupirs, Nul ne pouvait
résister à leurs charmes, Nul ne pouvait braver
ces yeux vainqueurs Qui font couler partout
beaucoup de larmes Et qui partout prennent
beaucoup de cœurs. Quelqu'un pourtant se riait de
leurs chaînes, Son seul amour, c'était la
liberté, Il méprisait l'Amour et la Beauté.
Tantôt, debout sur un roc solitaire, Il se
penchait sur les flots écumeux Et sa pensée,
abandonnant la terre Semblait percer les mystères
des cieux. Tantôt, courant sur l'arène marine, Il
poursuivait les grands oiseaux de mer, Imaginant
sentir dans sa poitrine La Liberté pénétrer avec
l'air. Et puis le soir, au moment où la lune
Traînait sur l'eau l'ombre des grands rochers, Il
voyait à travers la nuit brune Deux yeux amis sur
sa face attachés. Quand il passait près des
salles de danse, Qu'il entendait l'orchestre
résonner, Et, sous les pieds qui frappaient en
cadence Quand il sentait la terre frissonner Il
se disait Que le monde est frivole ! 
Qu'avez-vous fait de votre liberté ! Ce n'est
pour vous qu'une vaine parole, Hommes sans cœur,
vous êtes sans fierté ! Pourtant un jour, il y
porta ses pas Ce qu'il y vit, je ne le saurais
dire Mais sur les monts il ne retourna pas. Guy
de Maupassant
84
La déchirureCombien de temps pourrai-je être un
mur, protégeant du vent?Combien de temps
pourrai-jeAtténuer le soleil de l'ombre de ma
main,Intercepter les foudres bleues d'une lune
froide?Les voix de la solitude, les voix de la
douleurCognent à mon dos inlassablement.Cette
petite berceuse, pourra-t-elle les
adoucir?Sylvia Plath
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(No Transcript)
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(No Transcript)
87
Oh, si j'étais en ce beau sein ravieOh, si
j'étais en ce beau sein ravieDe celui-là pour
lequel vais mourantSi avec lui vivre le
demeurantDe mes courts jours ne m'empêchait
envieSi m'accolant me disait chère
Amie,Contentons-nous l'un l'autre !
s'assurantQue jà tempête, Euripe, ni CourantNe
nous pourra disjoindre en notre vieSi de mes
bras le tenant accolé,Comme du lierre est
l'arbre encercelé,La mort venait, de mon aise
envieuse,Lors que, souef, plus il me
baiserait,Et mon esprit sur ses lèvres
fuirait,Bien je mourrais, plus que vivante,
heureuse. Louise Labé
88
Le mythe de Sisyphe" Et je vis Sisyphe qui
souffrait de grandes douleurs et poussait un
énorme rocher avec ses deux mains. Et il
s'efforçait, poussant ce rocher des mains et des
pieds jusqu'au sommet d'une montagne. Et quand il
était près d'en atteindre le faîte, alors la
masse l'entraînait, et l'immense rocher roulait
jusqu'au bas. Et il recommençait de nouveau, et
la sueur coulait de ses membres, et la poussière
s'élevait au-dessus de sa tête.   Ainsi Homère
décrit-il le supplice de Sisyphe, condamné à
faire rouler une énorme pierre jusqu'en haut
d'une montagne, et encore et toujours,
indéfiniment. Ce supplice éveille des échos dans
notre monde moderne il semble que nous tous
soyons condamnés à accomplir des tâches et à les
reproduire indéfiniment, pour le seul besoin
d'accomplir ces tâches.
89
(No Transcript)
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(No Transcript)
91
Sisyphe malheureux, Ixion et Tantale Sisyphe
malheureux, Ixion et Tantale,Pour leurs fraudes,
larcins, et leurs iniquités,Par le juste vouloir
des saintes déités,Souffrent mille tourments
dans la fosse infernale.L'un portant un rocher
toujours monte et dévale,L'autre a le chef, les
pieds et les bras garrottésA la roue d'airain
tournant de tous côtés,L'autre brûle de soif
dedans l'onde avernale.Le rocher et la roue et
la soif et la faimSont les âpres bourreaux dont
sans repos et finIls sentent les rigueurs et
gênes éternelles,Mais le dieu qui nourrit mon
âme en passionMe donne incessamment des peines
plus cruellesQue celles de Sisyphe, Tantale et
Ixion. Isaac Habert
92
La fée frileuseSi jétais une fée je ferais des
miraclesPlus jamais vous nauriez faim, ni
froidLes gens pauvres deviendraient richesEt
les gens riches seraient généreux Linsey
93
(No Transcript)
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(No Transcript)
95
A une mendiante rousseBlanche fille aux cheveux
roux, Dont la robe par ses trous Laisse voir la
pauvreté Et la beauté, Pour moi, poète chétif,
Ton jeune corps maladif, Plein de taches de
rousseur, A sa douceur. Tu portes plus galamment
Qu'une reine de roman Ses cothurnes de velours
Tes sabots lourds. Au lieu d'un haillon trop
court, Qu'un superbe habit de cour Traîne à plis
bruyants et longs Sur tes talons En place de
bas troués, Que pour les yeux des roués Sur ta
jambe un poignard d'or Reluise encor Que des
nœuds mal attachés Dévoilent pour nos péchés Tes
deux beaux seins, radieux Comme des yeux Que
pour te déshabiller Tes bras se fassent prier Et
chassent à coups mutins Les doigts lutins, Perles
de la plus belle eau, Sonnets de maître Belleau
Par tes galants mis aux fers Sans cesse offerts,
Valetaille de rimeurs Te dédiant leurs primeurs
Et contemplant ton soulier Sous l'escalier, Maint
page épris du hasard, Maint seigneur et maint
Ronsard Épieraient pour le déduit Ton frais
réduit ! Tu compterais dans tes lits Plus de
baisers que de lis Et rangerais sous tes lois
Plus d'un Valois ! - Cependant tu vas gueusant
Quelque vieux débris gisant Au seuil de quelque
Véfour De carrefour Tu vas lorgnant en dessous
Des bijoux de vingt-neuf sous Dont je ne puis, oh
! pardon ! Te faire don. Va donc ! sans autre
ornement, Parfum, perles, diamant, Que ta maigre
nudité, Ô ma beauté ! Charles Baudelaire
96
La belle et la bêteLa bête, toujours l'œil
scrutateurLa belle, qui ne supporte pas les
menteurs.La bête, tout le jour cachéeLa belle
toute la nuit esseuléeLa bête, ne respire que la
noirceurLa belle, ne vit que par la douceurLa
bête, dirigée par les instinctsLa belle qui a
foi en son destinLa bête, reine de la rudesseLa
belle qui éclipse les déessesZawakae
97
(No Transcript)
98
(No Transcript)
99
La ChimèreLa Chimère indomptable aux yeux
profonds et bleus,Abîmes rayonnants dans un
visage d'homme,Des lointaines Memphis aux Babels
qu'on renomme,Droite, appuie au Zénith ses
quatre pieds en feux.Son poitrail qui se cabre
et ses jarrets nerveuxEmportent par le gouffre,
où l'air siffle et s'enflamme,Lascif et
douloureux, un souple corps de femmeNue et
flottant dans l'ombre entre ses lourds
cheveux.Les crins d'or de la bête et la toison
d'auroreDe la femme en extase, embrasant l'air
sonore,Font une aube de gloire au fond du ciel
obscur.Le vertige les tord et, dardant sa
prunelle,Les bras autour du cou du monstre aux
yeux d'azur,S'enfonce dans la nuit la Rêveuse
éternelle.Jean Lorrain
100
La rue des damesPour avoir des souliers elle a
vendu son âme.Mais le bon Dieu rirait si, près
de cette infâme,Je tranchais du Tartufe et
singeais la hauteur,Moi qui vends ma pensée et
qui veux être auteurSi vous la rencontrez,
bizarrement parée,Se faufilant, au coin d'une
rue égarée,Et la tête et lœil bas comme un
pigeon blessé,Traînant dans les ruisseaux un
talon déchaussé,Messieurs, ne crachez pas de
jurons ni d'ordureAu visage fardé de cette
pauvre impureQue déesse Famine a par un soir
d'hiver,Contrainte à relever ses jupons en plein
air.Baudelaire
101
(No Transcript)
102
(No Transcript)
103
Une poupéeStockée dans cet entrepôt,J'attends
qu'on vienne m'acheter,De Moscou ou bien
d'Oslo,Tout le monde vient me regarder.On teste
ma résistance,Mais avant tout ma beauté,Et si
je chante, je danse,Alors tout est parfait !On
me touche, on m'essaie,On joue avec moi dans le
noir,Je ne suis qu'un accessoire.Est-ce que je
suis bien formée ?De défauts je ne dois
avoir.On s'amuse à me vêtir, me dévêtir,On
admire ma belle silhouette,On me met une
jupette,Je ne suis qu'une poupée de cire.
Pourtant non, je ne suis pas une poupée !Je suis
une enfant apeurée,Je viens d'avoir douze
ans,On m'a arrachée à mes parents,J'ai le coeur
gelé, le corps pétrifié,Je ne ressens plus
rien,Lorsqu'entre mes jambes il pose sa
main.Non, je ne suis pas une poupée !Mais une
enfant qui a le droit d'exister. Emilie067
104
La RondeVanitas vanitatum et omnia vanitas !Ce
sont les premiers mots de l'Ecclésiaste qui
poursuit J'ai élevé des ouvrages magnifiques,
j'ai bâti des maisons et j'ai planté des vignes.
J'ai possédé des serviteurs et une nombreuse
famille, et de grands troupeaux de boeufs et de
brebis.J'ai entassé l'argent et l'or, le revenu
des rois et des provinces j'ai eu des musiciens
et des musiciennes... En tout cela je n'ai vu
que vanité, affliction d'esprit rien de stable
sous le soleil. Autrement dit, le sage et
linsensé, le riche et le pauvre, l'humble et
l'orgueilleux, le moraliste et le libertin
connaîtront le même sort dans la mort et loubli.
105
(No Transcript)
106
(No Transcript)
107
L'autre jour un philosophe Joyeux, aimable et
badin (Il en est de toute étoffe), Faisait
danser un pantin. En jouant, il examine De la
nouvelle machine Tous les fils et les ressorts,
Qui meuvent ce petit corps. Or voici comme ce
sage Badinait en raisonnant, Ou, si l'aimez
davantage, Raisonnait en badinant Cette petite
figure Rend, dit-il, d'après nature, Ce qui nous
met tous en train Tout homme est un vrai
pantin. La passion dominante Est le fil et le
ressort, Qui, dans une main savante, Fait tout
mouvoir sans effort. Il en est de toute espèce
Car chacun a sa faiblesse Un cordon, ou rouge ou
bleu, Suffit pour tout mettre en jeu. Lorsque,
pour une coquette, L'amour nous fait soupirer, Le
cordon de la fleurette Est celui qu'il faut
tirer. Une plus grande ressource, C'est le cordon
de la bourse Sitôt qu'on le tirera, La pantine
dansera. Regardez cette figure, Qui représente
Thémis, Qui, dit-on, d'une main sûre, Pèse et met
tout à son prix Dans les biens qu'elle
dispense, Qui fait pencher la balance ? C'est un
petit filet d'or, Qui fait aller le ressort.
Trissotin, le parasite A pris, pour son
protecteur, Un financier sans mérite, Qui n'a que
de la hauteur. Il encense son idole En prodiguant
l'hyperbole Qui est-ce que fait Trissotin ? Il
fait danser son pantin. Damis approuve l'ouvrage
Que Martin dit avoir fait Enchanté de son
suffrage, Le filet fait son effet. Martin se
croit un Pindare Il vole plus haut qu'Icare
Il décide en souverain Voyez danser le pantin.
Gâcon fait l'apothéose De la suffisante Iris Il
célèbre en vers, en prose L'objet dont il est
épris Ne fût-elle qu'une buse, L'auteur
l'appelle sa Muse Il a tiré le filet Le ressort
fait son effet. Pour vous, aimable Thémire On a
beau vous cajoler Quelque filet que l'on tire
Rien ne peut vous ébranler. Philosophe et sûre
amie, Vous riez de la folie De tous les faibles
humains Et vous moquez des pantins. Abbé de
Lattaignant
108
Les marottesCe sont des marionnettes tenues et
manipulées par le bas, grâce à un bout de bois
inséré dans la marionnette.
109
(No Transcript)
110
(No Transcript)
111
L'ambition de certains courtisans nouveaux
venusLe monde est un théâtre où sont représentés
Mille diversités de fous et d'éventés.Ô
constante inconstance ! ô légère fortune ! Qui
donne à l'un un oeuf, et à l'autre une prune
Qui fait d'un charpentier un brave maréchal, Et
qui fait galoper les ânes à cheval Qui fait
que les palais deviennent des tavernes, Qui,
sans miracles, fait que vessies sont lanternes
Qui fait que d'un vieux gant, les dames de Paris
Font des godemichés, à défaut de maris Que le
sceptre d'un roi se fait d'un mercier l'aune,
Que le blanc devient noir et que le noir est
jaune Qui change quelquefois les bonnets
d'arlequins Aux couronnes des grands et les
grands en coquins, Les marottes en sceptre, en
tripes les andouilles, Les chaperons en houppe,
en glaives les quenouilles, Le rôti en bouilli,
une fille en garçon, La loutre en bon castor et
la buse en faucon ! ... Claude d' Esternod
112
L'arbre généalogiqueLe Mulet d'un prélat se
piquait de noblesse,Et ne parlait
incessammentQue de sa mère la Jument,Dont il
contait mainte prouesse Elle avait fait ceci,
puis avait été là.Son fils prétendait pour
celaQu'on le dût mettre dans l'Histoire.Il eût
cru s'abaisser servant un Médecin.Etant devenu
vieux, on le mit au moulin.Son père l'Ane alors
lui revint en mémoire.Quand le malheur ne serait
bonQu'à mettre un sot à la raison,Toujours
serait-ce à juste causeQu'on le dit bon à
quelque chose.Jean de La Fontaine
113
(No Transcript)
114
(No Transcript)
115
Mes ancêtresIls se multiplient tous en remontant
les ans S'évanouissent ensuite dans la nuit des
temps.Leur nombre exponentiel me donne le
vertige. Ils forment une branche, un rameau, une
tige, De plus en plus petits, de plus en plus
lointains. Mais que serait mon arbre sans cet
apport sans fin ? C'est dans cette abondance
qu'il vient puiser sa sève, Dans cet aspect
touffu qu'enfin prend corps mon rêve. Avant de
s'en aller, hélas, à tout jamais, Ils ont pleuré,
dansé et ils se sont aimés. Ils ont connu des
joies, des drames, des souffrances, La famine, le
froid, le bonheur, les errances, Les invasions,
la guerre, le progrès et la paix, Ont manié la
fourche, la quenouille ou l'épée, Se déplaçant à
pied, à cheval, en carrosse, Restant près du
clocher ou bien roulant leur bosse. A travers les
époques, les coutumes, les lois, Avec des
empereurs, des présidents, des rois Du fabricant
de drap au maréchal ferrant Du pauvre journalier
au riche paysan, Ils ont forgé l'Histoire et
laissé leur empreinte Sur une vaste fresque que
chacun d'eux a peinte. Sans se douter, qu'un
jour, sur un ordinateur Leur existence enfin
serait mise à l'honneur ! Sans cette chaîne
humaine, sans ces précieux maillons Qu'ils soient
en beaux atours ou qu'ils soient en haillons,
Sans ces vies, ces naissances, ce cycle
interminable Qui n'était pas pour eux toujours
très charitable, Sans ce fil qu'ont tissé maintes
générations, Avec persévérance, avec obstination,
Je ne serais pas là pour leur dire merci. Oui, ce
sont mes ancêtres !. Peut-êtr' les vôtres aussi ?
Annie Armand-Nouvel
116
L'apocalypse par le papierUne nuit sans l'astre
de l'obscuritéLes étoiles illuminant la voie
lactéeLa nuit entoure les maisons solitairesLe
froid mordant les quelques retardatairesL'obscuri
té grandissanteL'immobilité omniprésenteLa
funèbre étouffanteLa vie fuyanteUne lumière
apparaît dans la chaumièreL'espoir peut renaître
dans ce désert.L'astre du jour pointe à
l'horizon.L'obscurité grandissanteL'immobilité
omniprésenteLa funèbre étouffanteLa vie
fuyanteLes puissances s'affrontent sans
retenueLe soleil ne peut plus, son souffle s'est
tuLa déesse de la nuit a gagnéL'apocalypse
étant arrivé.Zail01
117
(No Transcript)
118
(No Transcript)
119
NoyéeNoyée dans un océan de mortier et de
papierJe tente d'atteindre le fond de ma
nuitFaire éclater la syntaxe,Danser les sèmesÀ
la face du taire.Le quotidien est trop prèsTrop
près au creux de moiComme une seconde peau de
misèreQui à tire-d'aile se desquamePour devenir
noirceurEt densité du silence consenti.Trop
d'hommes meurent ainsi en silenceDans
l'impuissance à direCes paroles tuées et jamais
écritesEntrailles et mémoire des hommesAu bal
des mal aimés.Angèle Lux
120
Le gai parnasseLe mont Parnasse est, dans la
mythologie grecque, le lieu de résidence
d'Apollon et des neuf Muses. L'usage de ce nom
pour désigner une assemblée de poètes est déjà
ancien lorsque l'éditeur Alphonse Lemerre publie
à partir de 1866 une anthologie de poésie moderne
qui prend le nom de Parnasse contemporain. Le mot
désigne tout de suite ces poètes qui se
reconnaissent dans leur réaction contre le
Romantisme. D'abord groupés autour de Théophile
Gautier, il se réunissent le samedi soir chez
Leconte de Lisle ou José-Maria de Hérédia
Banville, Villiers de lIsle-Adam, Sully
Prudhomme, François Coppée apparaissent comme les
plus représentatifs. À l'épanchement personnel,
les Parnassiens opposent un souci
d'impersonnalité qui leur fait fuir les facilités
du lyrisme. Leurs métaphores, constamment
empruntées au domaine de la sculpture, prônent le
travail poétique, résolument asservi au culte
d'une forme parfaite.
121
(No Transcript)
122
(No Transcript)
123
A Etienne Jodelle se jouant sur son nom retourné
Quand tu naquis en ces bas lieux Tous les dieux
et les demi dieux Et les déesses plus bénines
Gravèrent de lettres divines Dans ton astre bien
fortuné "Le Délien est né ! "  Tout le Parnassien
troupeau Chantant autour de ton berceau, Te
prévoyant son prêtre en France, Disait en l'heur
de ta naissance Sur ton front déjà couronné "Le
Délien est né !" Les nymphes des bois et des
eaux, Faunes, chèvrepieds, satyreaux, Les rocs,
les antres, les montagnes, Les prés, les
bosquets, les campagnes, Ont tous ensemble
résonné "Io le Délien est né !  Dès la fleur de
tes jeunes ans, De nos poètes les mieux disants,
Ravis, comme d'un autre Ascrée, De ta docte
bouche sacrée, Ont tous sur leur lyre entonné "Io
le Délien est né !"Il me semble déjà que j'oi
Rire et chanter avecques moi Toutes nos plus
belles fillettes, Ayant de gaies violettes Leur
chef épars environné "Io le Délien est né !" Ne
craignez plus, divins esprits, Que l'ignorant
gagne le prix Dessus votre gloire immortelle
Votre divin Jodelle Qui vous était prédestiné,
"Io le Délien est né !" Jacques Tahureau
124
Satan colle des affichesSatanLe terme est
employé en hébreu et signifie adversaire, comme
un accusateur ou un procureur dans un tribunal
hébraïque. L'hébreu ne connaît ce terme qu'en
tant que nom commun, désignant une fonction, et
non un être bien déterminé. Cependant, suite au
vocatif utilisé par Jésus, Vade retro, satana !
(Matthieu, IV.10), Satan est devenu le nom propre
diabolique du Diable.
125
(No Transcript)
126
(No Transcript)
127
Tout à coup un rayon de lœil prodigieux Qui fit
le monde avec du jour, tomba sur elle. Sous ce
rayon, lueur douce et surnaturelle, La plume
tressaillit, brilla, vibra, grandit, Prit une
forme et fut vivante, et l'on eût dit Un
éblouissement qui devient une femme. Avec le
glissement mystérieux d'une âme, Elle se souleva
debout, et, se dressant, Éclaira l'infini d'un
sourire innocent. Et les anges tremblants d'amour
la regardèrent. Les chérubins jumeaux qui l'un à
l'autre adhèrent, Les groupes constellés du matin
et du soir, Les Vertus, les Esprits, se
penchèrent pour voir Cette sœur de l'enfer et du
paradis naître. Jamais le ciel sacré n'avait
contemplé d'être Plus sublime au milieu des
souffles et des voix.En la voyant si fière et si
pure à la fois, La pensée hésitait entre l'aigle
et la vierge Sa face, défiant le gouffre qui
submerge, Mêlant l'embrasement et le rayonnement,
Flamboyait, et c'était, sous, un sourcil
charmant, Le regard de la foudre avec l'œil de
l'aurore. L'archange du soleil, qu'un feu céleste
dore, Dit - De quel nom faut-il nommer cet
ange, ô Dieu ? Alors, dans l'absolu que l'Être a
pour milieu, On entendit sortir des profondeurs
du Verbe Ce mot qui, sur le front du jeune ange
superbe Encor vague et flottant dans la vaste
clarté, Fit tout à coup éclore un astre -
Liberté ! Victor Hugo La plume de Satan
128
Les livres
Enfant, j'ai quelquefois passé des jours
entiersAu jardin, dans les prés, dans quelques
verts sentiersCreusés sur les coteaux par les
bœufs du village,Tout voilés d'aubépine et de
mûre sauvage,Mon chien auprès de moi, mon livre
dans la main,M'arrêtant sans fatigue et marchant
sans chemin,Tantôt lisant, tantôt écorçant
quelque tige,Suivant d'un oeil distrait
l'insecte qui voltige,L'eau qui coule au soleil
en petits diamants,Ou l'oreille clouée à des
bourdonnementsPuis, choisissant un gîte à
l'abri d'une haie,Comme un lièvre tapi qu'un
aboiement effraie,Ou couché dans le pré, dont
les gramens en fleursMe noyaient dans un lit de
mystère et d'odeurs,Et recourbaient sur moi des
rideaux d'ombre obscure,Je reprenais de lœil et
du cœur ma lecture.C'était quelque poète au
sympathique accent,Qui révèle à l'esprit ce que
le cœur pressentHommes prédestinés,
mystérieuses vies,Dont tous les sentiments
coulent en mélodies,Que l'on aime à porter avec
soi dans les bois,Comme on aime un écho qui
répond à nos voix!Ou bien c'était encor quelque
touchante histoireD'amour et de malheur, triste
et bien dure à croire Virginie arrachée à son
frère, et partant,Et la mer la jetant morte au
cœur qui l'attend! Alphonse de LAMARTINE
129
(No Transcript)
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(No Transcript)
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M'en croira qui voudra, mais depuis qu'en
décembreLa volonté du ciel est qu'on garde la
chambre,A coup sûr, paresseux et fou comme je
suis,A rêver sans dormir j'ai passé bien des
nuits.Le soir, au coin du feu, renversé sur ma
chaise,Mon menton dans ma main et mon pied dans
ma braise,Pendant que l'aquilon frappait à mes
carreaux,J'ai fait bien des romans, - bâti bien
des châteaux -J'ai, comme Prométhée, animé
d'une flammeBien des êtres divins portant des
traits de femmeBlonds cheveux, sourcils bruns,
front vermeil ou pâliDante aimait Béatrix, -
Byron la Guiccioli.Moi (si j'eusse été maître en
cette fantaisie),Je me suis dit souvent que je
l'aurais choisieA Naples, un peu brûlée à ces
soleils de plombQui font dormir le pâtre à
l'ombre du sillonUne lèvre à la turque, et,
sous un col de cygne,Un sein vierge et doré
comme la jeune vigneTelle que par instants
Giorgione en devina,Ou que dans cette histoire
était la Rosina. Alfred de Musset Mardoche
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Le rêveEmporte-moi sur un nuage ! Au-dessus
des marécages Y a t-il une arrivée ? Y a t-il
un départ ?
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(No Transcript)
134
(No Transcript)
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Tu es au crépuscule un nuage dans mon ciel,ta
forme, ta couleur sont comme je les veux.Tu es
mienne, tu es mienne, ma femme à la lèvre
douceet mon songe infini s'établit dans ta
vie. La lampe de mon coeur met du rose à tes
piedset mon vin d'amertume est plus doux sur tes
lèvres,moissonneuse de ma chanson
crépusculaire,tellement mienne dans mes songes
solitaires Tu es mienne, tu es mienne, et je le
crie dans la brisedu soir, et le deuil de ma
voix s'en va avec le vent.Au profond de mes yeux
tu chasses, ton butinstagne comme les eaux de
ton regard de nuit.Tu es prise au filet de ma
musique, amour,aux mailles de mon chant larges
comme le ciel.Sur les bords de tes yeux de deuil
mon âme est née.Et le pays du songe avec ces
yeux commence. Pablo Neruda - Poème XVI (les
vingt poèmes d'amour)
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Le Conseil de l'Ordre
137
(No Transcript)
138
(No Transcript)
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De tous les animaux qui s'élèvent dans l'air,Qui
marchent sur la terre, ou nagent dans la mer,De
Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome,Le plus
sot animal, à mon avis, c'est l'homme.Quoi !
dira-t-on d'abord, un ver, une fourmi,Un insecte
rampant qui ne vit qu'à demi,Un taureau qui
rumine, une chèvre qui broute,Ont l'esprit mieux
tourné que n'a l'homme ? Oui sans doute.Ce
discours te surprend, docteur, je
l'aperçois.L'homme de la nature est le chef et
le roi Bois, prés, champs, animaux, tout est
pour son usage,Et lui seul a, dis-tu, la raison
en partage.Il est vrai de tout temps, la raison
fut son lot Mais de là je conclus que l'homme
est le plus sot.Ces propos, diras-tu, sont bons
dans la satire,Pour égayer d'abord un lecteur
qui veut rire Mais il faut les prouver. En
forme. - J'y consens.Réponds-
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