Daniel Villaperla vous pr - PowerPoint PPT Presentation

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Daniel Villaperla vous pr

Description:

Daniel Villaperla vous pr sente les Po mes dis lors des tournois de bridge des ANGES 23/04 au 6/05/2007 Attendez que la musique de Mozart d marre et prenez ... – PowerPoint PPT presentation

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Title: Daniel Villaperla vous pr


1
Daniel Villaperla vous présente les Poèmes dis
lors des tournois de bridge des  ANGES  23/04
au 6/05/2007
  • Attendez que la musique de Mozart démarre et
    prenez le temps dapprécier les textes poétiques
    que vous aimez dans cette sélection Les
    diapositives changent au clic de la souris

2
Pêcheuse d'étoiles,Je parcours l'universDu
crépuscule à l'aube,Pour capturerDans mes
filets de soieL'astre qui illumine le
firmamentDe mon lit de nuages !Magicienne
stellaire,J'ai jeté un sortA une étoile
filante,Pour capturerDans mes voiles
célestesL'astre qui illumine le firmamentDe mon
lit de nuages !Dans son regard
astral,J'apprends chaque jourLe nom des étoiles
!VéroniqueAudelon
3
Il écrivait son amour Stéphanie PitinoIl
écrivait son amour sur du papier velours Elle
dessinait ses envies sur sa vieSans voix jamais
ils ne dirent mot, pour enfermer, condamner
les non-ditsMais s'il écrivait son amour sur
leurs vies Si elle dessinait ses envies avec
luiSans lois jamais ils s'aimeraient Et le
temps... ils le vaincraientIl rêvait de faire le
tour du monde Elle voulait vivre près d'ici
dans son mondeParfois ils pensaient à une
nouvelle éternité Une autre destinée,
différente, moins troublanteMais s'il écrivait
son amour sur leurs vies Si elle dessinait
ses envies avec luiSans lois jamais ils
s'aimeraient Et la distance... ils la
vaincraient
4
La froidure paresseuseDe l'yver a fait son tems
Voici la saison joyeuseDu délicieux
printems.La terre est d'herbes ornée,L'herbe de
fleuretes l'est La fueillure retournéeFait
ombre dans la forest.De grand matin la
pucelleVa devancer la chaleurPour de la rose
nouvelleCueillir l'odorante fleur Pour avoir
meilleure grace,Soit qu'elle en pare son
sein,Soit que present elle en faceA son amy de
sa main Qui de sa main l'ayant uePour
souvenance d'amour,Ne la perdra point de vue,La
baisant cent fois le jour.Mais oyez dans le
bocageLe flageolet du berger,Qui agace le
ramageDu rossignol bocager.Voyez l'onde clere
et pureSe cresper dam les ruisseaux
  • Dedans voyez la verdureDe ces voisins
    arbrisseaux.La mer est calme et bonasse Le
    ciel est serein et cler La nef jusqu'aux Indes
    passe Un bon vent la fait voler.Les messageres
    avètesFont çà et là un doux bruit,Voletant par
    les fleuretesPour cueillir ce qui leur duit.En
    leur ruche elles amassentDes meilleures fleurs
    la fleur C'est à fin qu'elles en facentDu miel
    la douce liqueur.Tout resonne des voix nettesDe
    toutes races d'oyseaux Par les chams des
    alouetes,Des cygnes dessus les eaux.Aux maisons
    les arondelles,Aux rossignols dans les boys,En
    gayes chansons nouvellesExercent leurs belles
    voix.Doncques la douleur et l'aiseDe l'amour je
    chanteray,Comme sa flame ou mauvaiseOu bonne je
    sentiray.Et si le chanter m'agrée,N'est ce pas
    avec raison,Puisqu'ainsi tout se recréeAvec la
    gaye saison ?

Du Printemps Auguste ANGELLIER
5
Le coucher du soleil Catherine
HirzelAstre majestueux qui brille par
paresse Lorsque tes rayons d'or miroitent sur
la merC'est les couleurs du ciel qui s'unissent
à la terre Comme des amoureux échangeant des
caressesMais avec ton coucher tu luis de mille
feux Quand tu tombes lentement au bout de
l'horizonLorsque sur ta palette tu jettes à
l'unisson Des teintes harmonieuses qui
régalent nos yeuxEn embrasant ainsi ce tendre
firmament De nuances dérobées pour les monter
aux cieuxTu apportes des rêves, instants
délicieux, Et tu sublimes alors tous les corps
des amants
6
En toi je vis En toi je vis ou que tu sois
absente,en moi je meurs, ou que soye
présent.Tant loin sois tu, toujours tu es
présente,pour près que soie, encore suis-je
absent.Et si nature outragée se sentde me voir
vivre en toi trop plus qu'en moi,le haut pouvoir
qui, ouvrant sans émoi,infuse l'âme en ce mien
corps passible,la prévoyant sans son essence en
soi,en toi l'étend comme en son plus
possible.Maurice Scève
7
Pierrot de la luneNe vient plus le soirSemer au
ciel de mon jardinSes bouquets d'étoilesLa
pluie de toutes ses larmesPleure le
printempsInfidèlePierrot de la lunePrête-moi
ta plumeJe vais écrire à tous les ventsPour
qu'ils bousculent les nuagesJe vais écrire aux
arcs-en-cielAu soleil, au beau tempsEt le
printemps refleuriraPierrot de la luneReviendra
le soirSemer au ciel de mon jardinSes bouquets
d'étoiles
Michèle Lavalette
8
Mon il Johale Mon il est explorateurDun
continent qui se croyait perduFendu par la lame
de conquistadors barbaresSon miel a ravivé la
flamme du volcan écorché  Au printemps de ce
monde, il sème le solDe graines de
tendresseAbdication du cœurMon il est paysan
 Dune terre aride, sauvage, cruelle
 Patiemment, laissant passer lorage Labourant
les angoisses, son soc a travaillé  A lété de
ce monde, il récolte la fleur érotiqueQui ne se
savait pas existerAbdication des sens Mon il
est architecteDun château de sableSécroulant
à lassaut vague des larmesLindulgence de ses
doigts repose chaque grainA lautomne de ce
monde, il construit un palais
  • Dinespérées merveilles Abdication de lâme 
    Mon il est mon rivageMon continent, ma terre,
    mon palaisIl poudre lunivers de sa douceur
    musquéeDe son amour béton contre vents et
    maréesA lhiver de ce monde, il aimeDun amour
    simple et beauAbdication de vie

9
Le jour pousse la nuit,Et la nuit sombrePousse
le jour qui luitD'une obscure ombre.L'Autonne
suit l'Esté,Et l'aspre rageDes vents n'a point
estéApres l'orage.Mais la fièvre d'amoursQui
me tourmente,Demeure en moy tousjours,Et ne
s'alente.Ce n'estoit pas moy, Dieu,Qu'il
falloit poindre,Ta fleche en autre lieuSe
devoit joindre.Poursuy les paresseuxEt les
amuse,Mais non pas moy, ne ceuxQu'aime la
Muse.Helas, delivre moyDe ceste dure,Qui plus
rit, quand d'esmoyVoit que j'endure.Redonne la
clartéA mes tenebres,
  • Remets en libertéMes jours funebres.Amour sois
    le supportDe ma pensée,Et guide à meilleur
    portMa nef cassée.Tant plus je suis criantPlus
    me reboute,Plus je la suis priantEt moins
    m'escoute.Ne ma palle couleurD'amour
    blesmieN'a esmeu à douleurMon ennemie.Ne
    sonner à son huisDe ma guiterre,Ny pour elle
    les nuisDormir à terre.Plus cruel n'est
    l'effortDe l'eau mutineQu'elle, lors que plus
    fortLe vent s'obstine.Ell' s'arme en sa
    beauté,Et si ne penseVoir de sa cruautéLa
    récompense.Monstre toy le veinqueur,Et d'elle
    enflamePour exemple le coeurDe telle flame,Qui
    la soeur allumaTrop indiscrete,Et d'ardeur
    consumaLa Royne en Crete.

A Cupidon Pierre de RONSARD
10
Sur ta peau, mon amour, je peindrai mille
fleursEn teintes d'arc-en-ciel,Chaudes de ton
odeur,Douces de ta chaleur.Je les caresserai,
je les embrasseraiToute la nuit, toutes mes
nuitsEt je marierai leurs couleursAvec le bleu
du ciel.Sur ta vie, mon amour, je peindrai des
souriresEn frissons de printemps,Des sourires
de brise aux larmes de roséeOù flamboie le
couchant.Je te les chanterai, je te les danserai
Sur ta ligne de main, ligne d'éternité,Je
graverai l'espoirAvec le bleu du ciel.Sur
l'amour, mon amour, je peindrai des soleils,De
ceux qui brillent tant et tantAu plus fort de
l'été,Qu'on s'y brûle les yeux.Et nous y
mêlerons nos souffles enlacés,Nos mains liéesEt
nos deux corps soudésAvec le bleu du ciel.
Michèle Lavalette
11
MAINS Paul VerlaineCe ne sont pas des mains
d'altesse,De beau prélat quelque peu saint,
Pourtant une délicatesse Y laisse son galbe
succinct. Ce ne sont pas des mains d'artiste,
De poète proprement dit, Mais quelque chose
comme triste En fait comme un groupe en petit
Car les mains ont leur caractère, C'est tout un
monde en mouvement Où le pouce et l'auriculaire
Donnent les pôles de l'aimant. Les météores de
la tête Comme les tempêtes du cœur, Tout s'y
répète et s'y reflète Par un don logique et
vainqueur. Ce ne sont pas non plus les palmes
D'un rural ou d'un faubourien Encor leurs
grandes lignes calmes Disent Travail qui ne
doit rien .Elles sont maigres, longues, grises,
Phalange large, ongle carré. Tels en ont aux
vitraux d'églises
  • Les saints sous le rinceau doré, Ou tels
    quelques vieux militaires Déshabitués des
    combats Se rappellent leurs longues guerres
    Qu'ils narrent entre haut et bas. Ce soir elles
    ont, ces mains sèches, Sous leurs rares poils
    hérissés, Des airs spécialement rêches, Comme
    en proie à d'âpres pensers. Le noir souci qui
    les agace, Leur quasi-songe aigre les font
    Faire une sinistre grimace A leur façon, mains
    qu'elles sont. J'ai peur à les voir sur la table
    Préméditer là, sous mes yeux, Quelque chose de
    redoutable, D'inflexible et de furieux. La main
    droite est bien à ma droite, L'autre à ma
    gauche, je suis seul. Les linges dans la chambre
    étroite Prennent des aspects de linceul, Dehors
    le vent hurle sans trêve, Le soir descend
    insidieux... Ah ! si ce sont des mains de rêve,
    Tant mieux, - ou tant pis, - ou tant mieux.

12
J'ai vécu sous les vents immobile Un peu comme
à Ostende fragile Enfant je me rappelle chevaux
sauvages Qui couraient sur les pages de mes
cahiers terribles Ils avaient tous la rage mais
pas la bave des chevaux rares. Plus tard de mon
bateau j'ai jeté l'encre lourde Dans le bleu
azuré de la mer à l'endroit même où dorment les
palourdes J'ai pensé que l'eau froide et les
vagues réveilleraient en moi ce qu'il y a de
beau Mais ma bouteille est vide mes mots ont
pris le large. Je suis seule dans ce bel univers
à diriger ma barque Je suis seule et comme vous
j'espère au plus vite accoster sur mon île Car
je sais tôt ou tard que tout doit disparaître Le
sel des mots d'amour Les ailes dans le dos des
gentils troubadours Je sais que la mer fait à
l'occasion pour ses enfants fragiles Office de
cimetière. Dis-moi-toi Océan où s'en vont les
marins quand ils s'en vont si loin qu'on ne les
revoie plus Où s'en vont les pêcheurs quand les
rivières salées taries au fond des yeux cessent
de les bercer Et nous, où irons-nous voyageurs
éperdus Quand nous aurons fini dans le cour de
puiser ce petit d'amour Dont nous avons besoin
pour se lever matin et vivre au jour le jour. La
mer est plus que tout une servitude Il faut
lutter toujours et pour en revenir bien ranger
dans sa nasse toutes ses certitudes, La vie
elle Est une histoire d'amour qui coule plus
vite que l'eau vive Il faut lutter toujours
contre le temps cruel et pour la vivre bien Ou
du moins pas trop mal noyer les jours malades
dans un verre d'amitié. La mer, la vie, l'envie
de vivre et les regrets amers Face à ce grand
mystère agir comme les grands marins Libre
d'être profondément soi-même un jour arracher les
amarres S'en aller vivre sa vie, celle qu'on
s'est choisie.
LA MER ET LA VIE 
13
Encore frissonnantSous la peau des ténèbresTous
les matins je doisRecomposer un hommeAvec tout
ce mélangeDe mes jours précédentsEt le peu qui
me resteDe mes jours à venir.Me voici tout
entier,Je vais vers la fenêtre.Lumière de ce
jour,Je viens du fond des temps,Respecte avec
douceurMes minutes obscures,Épargne encore un
peuCe que jai de nocturne,Détoilé en
dedansEt de prêt à mourirSous le soleil
montantQui ne sait que grandir.JulesSuperviell
e
14
Le bonheurest dans le pré  Paul FortLe
bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y
vite.Le bonheur est dans le pré, cours-y vite.
Il va filer.Si tu veux le rattraper, cours-y
vite, cours-y vite.Si tu veux le rattraper,
cours-y vite. Il va filer.Dans l'ache et le
serpolet, cours-y vite, cours-y vite,dans l'ache
et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.Sur
les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y
vite,sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il
va filer.Sur le flot du sourcelet, cours-y vite,
cours-y vite,sur le flot du sourcelet, cours-y
vite. Il va filer.De pommier en cerisier,
cours-y vite, cours-y vite,de pommier en
cerisier, cours-y vite. Il va filer.Saute
par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y
vite,saute par-dessus la haie, cours-y vite. Il
a filé !
15
Je ne supporte plus, sécria la
grammaire,Lusage que lon fait de mon
vocabulaire.Je sens limpérieux sentiment de
rejetQuand jentends malmener le verbe et le
sujet.La télé en fournit le meilleur des
exemples.Le bon ton, la rigueur ont déserté le
temple.On use sans pudeur de mots crus et
vulgaires.De cette mode là, je ne me flatte
guère.Sans parler des journaux, de ce langage
écritQui me fait mindigner et pousser les hauts
cris.Vois comment sont traités mes pauvres
participes.On en a, cest flagrant, oublié les
principes.Quant à mon orthographe, ô chère
méconnue,Elle est mon grand souci, ma quête
continue.Te parlerai-je enfin de ma
conjugaison,De mon plus-que-parfait, de ma
négation,Laquelle a disparu du langage
parlé,Quon ne prononce plus. Mais jusquoù vont
allerCe manque de savoir, cette carence
extrêmeQui me rendent souvent importune à
moi-même ?Qui saura partager mes craintes, mes
émois ?Quand pourrai-je à nouveau être fière de
moi ?De lécole voisine un rire senvolait. Le
cœur lourd de chagrin, la grammaire pleurait.
COLERE
16
Je cherche les auroressur un fond de cristalOù
des lumières d'argentinonderaient le ciel.Je
puise au fond des joursles saveurs de nos
rêvesQuand les amours doréesse fondent sur nos
vies.Des arpents de rayonsaux rougeurs
écarlatesInondent mon soleild'un calice
vermeilEt des millions de fleursglissent dessus
l'asphalteExhalant un parfumque je ne connais
pas. Je cherche tout le jource mouvement
synchrone Avec une harmoniede paix et de
candeur,Des bonheurs partagésque plus rien ne
diviseEt cette envie d'aimer,plantée au fond du
cœur.
Quand les amours Lydia Pavot
17
AbsenceCatherine LangeCruelle est cette
absence, cruel le châtimentSous mes paupières
pâles bouillonne le torrentCe flot de larmes
chaudes que je contiens à peineJaillit du fond
de l'âme, du tréfonds de ma peine...Le coeur
encore vibrant d'un espoir insensé,Le voici
délaissé, tout près de se briser.Faut-il encore
longtemps que dure ce silenceQui me blesse et me
tue, me laisse sans défense ?Dis-moi cher
inconnu qui croisa mon chemin,Pour l'amitié
naissante, aurons-nous un "demain" ?
18
Le chant de notre amour Est l'un de nos
présages,Ainsi donc il parcourt Bien au-delà
des âgesNos chagrins et nos doutes En dérobant
au temps,Pour ouvrir notre route,Entraves et
tourments.A quoi bon chevaucherTant de
mélancolies,Dans ce présent liéA nos deux corps
unis ?S'il fallait chaque instantSe soumettre
aux douleurs,Que seraient nos élansD'amour et
de bonheur ?Ma présence secrèteS'offre à cet
abandonAmoureuse, discrète,J'effleure ton
prénomPrononçant en silenceAu rythme de mon
sang,Ces mots hors de l'absence Je
t'aime,Tout simplement.
LangageLydia Pavot
19
Vise, mon Jules,Cette crapuleQui nous tombe
sur les bras.Depuis le tempsQu'on
l'attend,Comme une bombe, le voilà.Le voilà, le
printemps,Tout fleuri de lilasQui rapplique en
dansant,En dansant la java.Le voilà, ce
voyou,Au son d'l'accordéonQui court le
guilledouEn poussant la chanson.Entends comme
ça chahuteDans tous les palpitants.L'hiver se
tire des flûtes.Enfin le printempsNe fais pas
la tête.Tu serais bien bêteDe te faire du
mouronQuand sur toute la terreFlotte un petit
airDe révolution.J'ai sorti pour toiMa robe de
soie,Mes colifichetsPour dormir sur l'herbeEn
écoutant tinter les muguets
  • Vise, mon Jules,Cette crapuleQui nous tombe sur
    les bras.Depuis le tempsQu'on l'attendComme
    une bombe, le voilà.Le revoilà, le
    printempsTout fleuri de lilasQui rapplique en
    dansant,En dansant la java.Y a la foule dans
    les ruesQui suit les orphéons,Des épaules
    toutes nuesEt du monde au balcon.C'est la fête
    aux poètesEt je t'aime éperdumentEt ça tourne
    dans ma tête.Enfin le printempsJ'ai le vertige
    dans tes yeux.Je voltige dans du bleu.Je vois
    double et c'est mieux.Vise mon cœur tout
    là-hautQui fait du cerf-volant.Rattrape-le si
    tu peux,Mon amour, mon amourQui fout le
    camp...Enfin le printemps !
  • René Rouzaud

Enfin le printemps
20
  Ne lisez pas ces vers, si mieux vous n'aimez
lireLes escrits de mon coeur, les feux de mon
martyre Non, ne les lisez pas, mais regardez
aux Cieux,Voyez comme ils ont joint leurs larmes
à mes larmes, Oyez comme les vents pour moy
levent les armes,A ce sacré papier ne refusez
vos yeux.Boute-feux dont l'ardeur incessamment
me tuë, Plus n'est ma triste voix digne if estre
entenduë Amours, venez crier de vos piteuses
voix Ô amours esperdus, causes de ma folie, Ô
enfans insensés, prodigues de ma vie, Tordez vos
petits bras, mordez vos petits doigts. Vous
accusez mon feu, vous en estes l'amorce,Vous
m'accusez d'effort, et je n'ay point de
force,Vous vous plaignez de moy, et de vous je
me plains,Vous accusez la main, et le coeur luy
commande, L'amour plus grand au coeur, et vous
encor plus grande, Commandez à l'amour, et au
coeur et aux mains.Mon peché fut la cause , et
non pas l'entreprendre Vaincu, j'ay voulu
vaincre, et pris j'ay voulu prendre. Telle fut
la fureur de Scevole Romain Il mit la main au
feu qui faillit à l'ouvrage,Brave en son
desespoir, et plus brave en sa rage,Brusloit
bien plus son coeur qu'il ne brusloit sa
main.Mon coeur a trop voulu, o superbe
entreprise,Ma bouche d'un baiser à la vostre
s'est prise,Ma main a bien osé toucher à vostre
sein,Qu'eust -il après laissé ce grand coeur d
'entreprendre,Ma bouche vouloit l'ame à vostre
bouche rendre,Ma main sechoit mon coeur au lieu
de vostre sein.
Complainte à sa dame
Théodore Agrippa D'Aubigné
21
Jaime taimer, à lombre bleue des
hirondellesEt sous leurs ventres blancs chanter
la ritournelle,Pendant que tout là-haut, dans le
ciel ambigu,Elles rythment le silence de leurs
plongeons aigus.Jaime taimer, à lombre
blonde des javellesEt sous les épis lourd
chanter la ritournelle,Pendant que les
faucheurs, aux bras lourds des moissons,A
lombre des chariots font couler la
boisson.Jaime taimer, aux flux dansant de la
chandelleEt sous le dais brodé chanter la
ritournelle,Pendant que les frimas dépensent
leur jeunesseA mettre des cristaux sur lautomne
qui progresse.Jaime taimer, à lombre du
sapin de NoëlEt sous létoile en or chanter la
ritournelle,Pendant que tes souliers attendent
les cadeaux,Près du feu vif et clair, qui brûle
sous le manteau.Jaime taimer, aux ombres
providentiellesQuon cherche tous les deux quand
les saisons sont bellesOu les jours rigoureux.
Aimons nous bien cachésEt le temps oubliera
denvoyer ses archers .
JAIME TAIMER Christian Pequeux
22
Je ne demande rien,rien qu'un peu de vous Je
veux être nuesous le jet d'encre des yeuxAfin
de figer d'un traitnotre amour fuyant.Je veux
être l'ondequi brille sur la toile,Qui dévoile
l'éclatet fait deviner l'ombre.Ma main
lourdede joies et de caresses tuesRêve à ta
présencedans l'ivresse ingénue.Je ne demande
rien,rien qu'un peu de vous Une couleur
suffitjuste à vous évoquer,Un peu du vert
nacréde votre lent regard...Je veux nouer ma
chairau baiser enivrant !Et quand le jour
descend,te laissant reposer,Je traverse les
brumesd'un sommeil sans finPour venir à
l'aurorecaresser ta main...
Laureline Amanieux
23
Tu avais jadis, lorsque je t'ai prise,il y a
trois ans,des timidités, des pudeurs
exquises.Je te les ai désapprises.Je les
regrette à présent.A présent, tu viens, tu te
déshabilles,tu noues tes cheveux, tu me tends
ton corps...Tu n'étais pas si prompte alors.Je
t'appelais ma jeune fille.Tu t'approchais
craintivement.Tu avais peur de la lumière.Dans
nos plus grands embrassements,je ne t'avais pas
tout entière...Je t'en voulais. J'étais
avide,ce pauvre baiser trop candide,de le
sentir répondre au mien.Je te disais, tu t'en
souviens Vous ne seriez pas si timidesi vous
m'aimiez tout à fait bien !... Et maintenant je
la regrettecette enfant au front sérieux,qui
pour être un peu plus secrètemettait son bras nu
sur ses yeux.
Passé Paul Géraldy
24
Femme, sitôt que ton regard Eut transpercé mon
existence, J'ai renié vingt espérances, J'ai
brisé, d'un geste hagard,Mes dieux, mes amitiés
anciennes, Toutes les lois, toutes les chaînes,
Et du passé fait un brouillard.J'ai purifié de
scoriesMes habitudes et mes goûts J'ai
précipité dans l'égoutD'étourdissantes
jongleries J'ai vaincu l'effroi de la mort,
Je me suis voulu libre et fort, Beau comme un
prince de féerie.J'ai franchi les rires
narquois, Subi des faces abhorrées, Livré mes
biens à la curée Afin de m'approcher de toi.
Devant moi hurlaient les menaces, J'ai méprisé
leurs cris voraces Et j'ai marché, marché tout
droit.J'ai découvert, pour mon offrande, Un
monde fertile en plaisirs J'ai pesé tes
moindres désirs,
  • Je sais où vont les jeunes bandes, Je connais
    théâtres et bals J'ai dans les mains un
    carnaval, Dans le cœur , ce que tu demandes Pour
    la rencontre, j'ai prévu Quand je pourrais
    quitter l'ouvrage, La route à suivre, un temps
    d'orage, Et jusqu'au perfide impromptu. J'ai
    tremblé que point ne te plaisent Les tapis, les
    miroirs, les chaises. J'ai tout préparé, j'ai
    tout vu.J'ai mesuré mon art de plaire, Mes
    faiblesses et ma fierté, Les mots, l'accent à
    leur prêter J'ai calculé d'être sincère,
    Triste ou gai, confiant, rêveur. Je me suis
    paré de pudeur, De force et de grâce légère.Et
    me voici, prends-moi, je viensFrémissant, comme
    au sacrifice,T'offrir, à toi l'inspiratrice,Mon
    être affamé de liens, Mon être entier qui te
    réclame. Donne tes mains, donne ton âme, Tes
    yeux, tes lèvres... Je suis tien.

Déclaration
Alphonse BEAUREGARD
25
J'ai soif de rimes et de vers musicaux de
Verlaine, Baudelaire ou bien Rimbaud.J'ai soif
de mots qui écrivent les peines Comme
Lamartine à l'ombre du vieux chêne.J'ai soif de
la tendresse décrite à demi son Foi de dame
du ciel de François Villon.J'ai soif du regard,
qui sans cesse, me nomme A l'instar des yeux
de Sully Prudhomme.j'ai soif des amours
regrettant l'interdit Pour les yeux d'Elsa
d'Aragon Louis.J'ai soif des natures dont les
hommes s'enchaînent Comme de La Béotie pour
la trop belle Hélène.J'ai soif des ombrages qui
chantent l'espérance Où l'Hermite y trouve les
plus aimables influences.J'ai soif de larmes ,
par l'amour, asséchées Décrites par la belle
Pernette du Guillet.J'ai soif des grâces
suggérées par le mystère Et dire que je sais à
Félix Arvers.J'ai soif de vers dorés et des
cydalises Pris à Gérard de Nerval comme une
gourmandise.J'ai soif de bonheur, celui qui est
dans le pré Paul Fort, l'a dit "cours-y
vite, il va filer."J'ai soif de vous, émaux des
mots Dans l'église de mon âme à fleur de
peau.
Soif !
Danielle Linard
26
Marie, vous avez la joue aussi vermeillePierre
de RONSARDMarie, vous avez la joue aussi
vermeilleQu'une rose de mai, vous avez les
cheveuxDe couleur de châtaigne, entrefrisés de
noeuds,Gentement tortillés tout autour de
l'oreille.Quand vous étiez petite, une mignarde
abeilleDans vos lèvres forma son doux miel
savoureux,Amour laissa ses traits dans vos yeux
rigoureux,Pithon vous fit la voix à nulle autre
pareille.Vous avez les tétins comme deux monts
de lait,Qui pommellent ainsi qu'au printemps
nouveletPommellent deux boutons que leur châsse
environne.De Junon sont vos bras, des Grâces
votre sein,Vous avez de l'Aurore et le front, et
la main,Mais vous avez le coeur d'une fière
lionne.
27
Je ne veux plus écrire, car tu nes plus là !Je
te parle dici bas et tu ne mentends
pas.Jaimerais te suivre mais de lourdes
chaînesMentourent et loin de toi
mentraînent.Je ne veux plus écrire, mais cest
plus fort que moiMême si tu es loin, ma plume
vole vers toiDes mots sans aucun sens tournent
dans le vide,Dans ce monde tourmenté, brutal et
insipide.Aurais-tu trouvé mieux ? Une étoile
meilleureDont lamour et la paix seraient dans
un ailleurs ?Je ne veux plus écrire mais
jécrirai encore,Jusquau jour où ta main me
prendra à lauroreNatachaPéneau
28
AIMER c'est Etre disponible, chaque fois que
c'est possible. Donner ce que l'on peut, sans
attendre un retour. Chasser l'indifférence,
garder un coeur sensible, Quand il faut choisir,
le faire avec amour... Dire la vérité, lorsqu'on
sait qu'on la doit. Connaître le prix des
larmes, calmer une âme stressée,Soutenir ses
voisins lorsqu'ils n'ont plus d'emploi ! Garder
un coeur tout neuf, même quand il est usé...
Aimer c'est un bouton de rose Fragile et
parfumé, Que de toucher on n'ose, De peur de
l'abîmer. Une chevelure d'ange Dans une robe de
velours Fragile et sans défense Qui a grandi un
jour
Aimer c'est un parfum de femme, Une créature
de rêve , Un regard qui enflamme, Une voix qui
vous pénètre ! Un besoin de caresses, Un monde
de douceur, Une soif de tendresse Que partage
l'âme soeur, Avant que la vieillesse Ne soit au
rendez-vous Montrez votre tendresse A chaque
instant du jour Aimer c'est chanter et danser
Respirer et sentir, Enlacer et bercer Oublier
de maudire Voir un coucher de soleil Entendre
le bruit des flots Voir planer dans le ciel Les
oiseaux tout là-haut Grimper sur la montagne Et
se rouler dans l'herbe Sentir dans nos campagnes
L'odeur fraîche de la terre Aimer C'est
protéger la vie Vivre l'un pour l'autre
Partager joies, soucis Se battre côte à côte
L'art d'aimer Jean-Claude Brinette
29
Si tu le veux bien, divine IgnoranteVerlaineSi
tu le veux bien, divine Ignorante, Je ferai
celui qui ne sait plus rien Que te caresser
d'une main errante, En le geste expert du pire
vaurien,Si tu le veux bien, divine
Ignorante.Soyons scandaleux sans plus nous
gênerQu'un cerf et sa biche ès bois
authentiques.La honte, envoyons-la se
promener.Même exagérons et, sinon
cyniques,Soyons scandaleux sans plus nous
gêner.Surtout ne parlons pas littérature.Au
diable lecteurs, auteurs, éditeursSurtout !
Livrons-nous à notre natureDans l'oubli charmant
de toutes pudeurs,Et, ô ! ne parlons pas
littérature.Jouir et dormir ce sera, veux-tu
?Notre fonction première et dernière,Notre
seule et notre double vertu,Conscience unique,
unique lumière,Jouir et dormir, m'amante,
veux-tu ?
30
 L'éternité du sage est dans les lois qu'il
trouve Le délice éternel que le poète
éprouve,C'est un soir de durée au cœur des
amoureux! Car l'immortalité, l'âme de ceux
qu'on aime,C'est l'essence du bien, du beau, du
vrai, Dieu même,Et ceux-là seuls sont morts qui
n'ont rien laissé d'eux.
L'éternité du sage Sully Prudhomme
31
Je t'ai rencontrée par hasard,Ici, ailleurs ou
autre part,Il se peut que tu t'en
souviennes.Sans se connaître on s'est aimés,Et
même si ce n'est pas vrai,Il faut croire à
l'histoire ancienne.Je t'ai donné ce que
j'avaisDe quoi chanter, de quoi rêver.Et tu
croyais en ma bohème,Mais si tu pensais à vingt
ansQu'on peut vivre de l'air du temps,Ton point
de vue n'est plus le même.Cette fameuse fin du
moisQui depuis qu'on est toi et moi,Nous
revient sept fois par semaineEt nos soirées sans
cinéma,Et mon succès qui ne vient pas,Et notre
pitance incertaine.
Tu vois je n'ai rien oubliéDans ce bilan triste
à pleurerQui constate notre faillite." Il te
reste encore de beaux joursProfites-en mon
pauvre amour,Les belles années passent vite."Et
maintenant tu vas partir,Tous les deux nous
allons vieillirChacun pour soi, comme c'est
triste.Tu peux remporter le phono,Moi je
conserve le piano,Je continue ma vie
d'artiste.Plus tard sans trop savoir pourquoiUn
étranger, un maladroit,Lisant mon nom sur une
afficheTe parlera de mes succès,Mais un peu
triste toi qui sais" Tu lui diras que je m'en
fiche...que je m'en fiche..."
32
Tu seras plus que Reine à l'orbe de mes yeux,
Quand le doigt de mon cœur écartera le voileQui
vêt d'un soupir flou le velouté pâle De tes
lèvres si proches, douces comme un aveu. Tu
seras plus que Reine et je serai fer blanc ,
Trempé au feu pur des silences de ta peau Ce
vol inassouvi qui soulève nos flancs, Des
cœurs tombés du nid, qui se croyaient oiseaux
...Courez, courez mes mains, sur le grain de la
nuit ! Pincez les cordes sombres, que crie sa
plainte l'ombre !Pleurez, ô notes tendres, au
cristal de la vie !Mon souffle sur ton souffle
enlacera ta peine. Les aiguilles de l'aube
piqueront les nuages,Ourlant de rose tendre ces
amants de passage D'un royaume perdu, tu
seras plus que Reine.Tu sera plus que Reine, mon
désir exilé Affrontera le rêve des rives de
Sabbat,Se jouant des récifs que la vie a semés
Dans le port de l'amour où s'échoueront nos
pas. Dans le sable du temps, un trésor inouï
Les clefs de ton royaume, un cri d'amour enfoui
!
Tu seras plus que Reine Luc Rose
33
À l'heure où le jour se maquille de reflets
mordorés Quand les yeux des étoiles commencent
à brillerÀ l'heure où les paupières du ciel se
fardent d'un rose doux Le visage de la nuit se
révèle à nous.On entre dans son silence sur la
pointe des pieds. Les voix se font plus
douces comme murmures feutrés.Les pensées, sous
le front, quittent la monotonie, Et se drapent
dans un voile tissé de rêveries.Le corps las,
abandonné sur un nid de coussins Dérive, comme
entraîné au creux d'un chemin,Parsemé d'herbes
folles et de cailloux précieux, De fleurs au
teint de songe et parfums capiteux.Glissant dans
le sommeil, le réel s'estompe. Les pas
marquent la trace du sable d'un autre monde.Le
temps n'a plus nom, demain n'existe plus, Aux
entrailles de la nuit, voilà qu'on s'est perdu.
À l'heure où le jour se maquille Marybé
34
LA LETTRINE Loquinet  La lettrine frémissait
sous les nombreux regards. Véritable
ambitieuse car son enluminure. Comme un paon
magnifique tombé là par hasard. Couvrait le
parchemin comme une chevelure.  Elle illustre
les mots qui la suivront tranquilles.
Bousculés par l'éclat de leur voyante voisine.
Ils sont le corps du texte mais se sentent
inutiles. Tant la belle majuscule accapare
nos rétines.  Elle est la préférée, la douce
muse de l'artiste. Avec elle, tout commence
et ne prend jamais fin. Quand elle est réussie,
il ne peut être triste. Car il sait qu'elle
est l'âme qui éclaire son chemin.
35
Chaque heure, où je songe à ta bonté Emile
Verhaeren Chaque heure, où je songe à ta bonté
Si simplement profonde, Je me confonds en
prières vers toi.Je suis venu si tard Vers la
douceur de ton regard,Et de si loin vers tes
deux mains tendues, Tranquillement, par à
travers les étendues!Javais en moi tant de
rouille tenace Qui me rongeait, à dents
rapaces, La confiance.Jétais si lourd,
jétais si las, Jétais si vieux de
méfiance,Jétais si lourd, jétais si las Du
vain chemin de tous mes pas.Je méritais si peu
la merveilleuse joie De voir tes pieds
illuminer ma voie,Que jen reste tremblant
encore et presque en pleurs Et humble, à tout
jamais, en face du bonheur.
36
Sur tes riches tapis, sur ton divan qui laisse
Au milieu des parfums respirer la mollesse,En
ce voluptueux séjour, Où loin de tous les
yeux, loin des bruits de la terre,Les voiles
enlacées semblent, pour un mystère, Eteindre
les rayons du jour,Ne t'enorgueillis pas,
courtisane rieuse, Si, pour toutes tes sœurs
ma bouche sérieuse,Te sourit aussi doucement,
Si, pour toi seule ici, moins glacée et moins
lente,Ma main sur ton sein nu s'égare, si
brûlante Qu'on me prendrait pour un
amant.Ce n'est point que mon cœur soumis à ton
empire, Au charme décevant que ton regard
inspireIncapable de résister A cet appât
trompeur se soit laissé surprendreEt ressente un
amour que tu ne peux comprendre, Mon pauvre
enfant ! ni mériter.Non ces rires, ces pleurs,
ces baisers, ces morsures, Ce cou, ces bras
meurtris d'amoureuses blessures,Ces transports,
cet oeil enflammé,
La ressemblance Felix Arvers
Ce n'est point un aveu, ce n'est point un
hommageAu moins c'est que tes traits me
rappellent l'image D'une autre femme que
j'aimai.Elle avait ton parler, elle avait ton
sourire, Cet air doux et rêveur qui ne peut
se décrire,Et semble implorer un soutien Et
de l'illusion comprends-tu la jouissance ?On
dirait que son oeil, tout voilé d'innocence,
Lançait des feux comme le tien.Allons
regarde-moi de ce regard si tendre,
Parle-moi, touche-moi, qu'il me semble
l'entendreEt la sentir à mes côtés !
Prolonge mon erreur que cette voix
touchanteMe rende des accents si connus et me
chante Tous les airs qu'elle m'a chantés
!Hâtons-nous, hâtons-nous ! Insensé qui, d'un
songe Quand le jour a chassé le rapide
mensonge,Espère encor le ressaisir ! Qu'à
mes baisers de feu ta bouche s'abandonneViens,
que chacun de nous trompe l'autre et lui donne
Toi le bonheur, moi le plaisir !
37
ChevelureCatherine LangeSur l'onde de tes
cheveux noirsDès que la nuit devient
fécondeNaissent les rêves, les espoirsQui
tournent autour du mondeDès que la lune
vagabondeA posé sur ton oreillerDes rais
d'argent qui font la rondeDans cette chevelure
aiméeJe m'aventure en eau profondeFraîche
comme un parfum de joieAlors mes mains se font
JocondeEt font l'amour aux fils de soie
38
Je suis île sauvage et solitaireHabitée des
soupirs de l'attentePoint infime perduDans les
vastes abîmes  des océans rageurs.En butte aux
assauts répétés des ressacs,Mes pensées emmêlées
s'échouent sur le rivageEt s'enlisent dans
l'opacité du sable noir.Parfois je tresse, en
forme d'ailes d'oiseaux, les roseaux de la
dune,Pour qu'ils emportent au loinmes vagues
d'amertume.Immobile, en quête de vaines
attentes,Sous l'ombre ricaneuse du spectre de la
lune,Frissonnant sous le harcèlement du
vent,J'attends J'attends l'improbable,
l'impossible.Je suis attente,Je suis intense
désir Désir insenséQue vibre l'écho tendre
d'une voix familière,Que mes yeux s'ouvrent à la
caresse de son regard Insoutenable désir de ce
marin, cet amant infidèle,Désir qu'il revienne
accosterSur la peau avide de mon corpsS'amarrer
au port assoiffé de mon âme.
Je suis îleMarybé
39
Écran de verreAnnie PrévostJe te cherche
derrière un écran de verre,Invisible barrière,
amour sans frontière.Je tisse une toile et
saupoudre détoilesNos corps enlacés, emmêlés
qui se dévoilent.Entends-tu lavenir qui frappe
à la porte ?Colporteur de rêves et mon sang dans
laorteSe déchaîne, m'enchaîne. Je rougis
dillusion.Dans lamère absence, je loge la
déraison.Je te touche derrière un écran de
verreLes yeux grands fermés mais le cœur
entrouvert,Boîte à mystère. Je te l'offre naïve
Vole-moi, prends-moi, fais de moi ta captive.
40
Chanson d'amourMichèle LavaletteC'est d'abord
le frisson de toile qu'on étreintEt le souffle
léger d'un frôlement de bouche,Puis le baiser
profond sur la lèvre qui geint,Le crissement
d'un bas sur la main qui le touche.Et les
doigts maladroits qui froissent le tissu,Les
soupirs de désir, soupirs d'impatienceEt le
chemin trouvé, le chemin parcouruSur la peau nue
offerte à la folle appétence.Puis les baisers
glissant sur les courbes des reins,Puis les
gémissements de bien-être et d'attentePuis deux
corps imbriqués en un rythme sans frein,Les cris
éparpillés au feu de la tourmente.La tempête se
meurt lorsque s'en vient le jour,Les baisers
sont légers et les mots sont caresse Mais au
coeur vibre encor la chanson de l'amourEt jamais
ne mourra cet hymne de tendresse.
41
Je sais que si je pose Quand se pointe la
nuit Mes épines de roseSur ton solide appui
L'épaule où je repose M'offrira son
abri.Je sais combien sensibles Sont tes
veines où ton sang Transporte l'invisible
De ce que ton cœur sent La montagne
impassible A toujours deux versantsUn côté
est à l'ombre Mais l'autre est au soleil
C'est trop clair ou trop sombreJamais rien
n'est pareil L'étoile et la pénombre
S'effacent au réveil.
JE SAIS... Luce
Je sais la douce étreinte Et toute la douceur
L'harmonie en les teintesDu regard de ton
cœur Tu connais la complainte Plaisant à
mon bonheur.Tu sais si bien la souche De mes
secrets désirs Le baiser de ta boucheSur la
mienne est plaisir Et ta main sur ma couche
Glisse et me fait languir.Oui, je sais que si
j'ose T'ouvrir avant la nuit Les mots dont
tu disposesLongtemps passé minuit Sur mes
paupières closes En chasseront l'ennui.
42
Le désirJe sais la vanité de tout désir
profane. A peine gardons-nous de tes amours
défunts, Femme, ce que la fleur qui sur ton sein
se fane Y laisse d'âme et de parfums. Ils n'ont,
les plus beaux bras, que des chaînes d'argile,
Indolentes autour du col le plus aimé Avant
d'être rompu leur doux cercle fragile Ne s'était
pas même fermé. Mélancolique nuit des chevelures
sombres, A quoi bon s'attarder dans ton
enivrement, Si, comme dans la mort, nul ne peut
sous tes ombres Se plonger éternellement ?
Narines qui gonflez vos ailes de colombe, Avec
les longs dédains d'une belle fierté, Pour la
dernière fois, à l'odeur de la tombe, Vous aurez
déjà palpité. Lèvres, vivantes fleurs, nobles
roses sanglantes, Vous épanouissant lorsque nous
vous baisons, Quelques feux de cristal en
quelques nuits brûlantes Sèchent vos brèves
floraisons. Où tend le vain effort de deux
bouches unies ? Le plus long des baisers trompe
notre dessein Et comment appuyer nos langueurs
infinies Sur la fragilité d'un sein ?
43
Transfiguration.Bernard De l'OcéanLe soir qui
vient de la rive,Qui dans ta clarté
s'avive,Reflète dans tes yeux,Une lumière où se
lèveL'absence étrange qui rêveLa lueur pâle des
feux,Que le sombre apte à frémir,Elève immense
soupir,Quand tes regards sont pareils,Aux
étoiles luminescentes,Qui s' élancent
éblouissantes,Dans la blancheur des soleils. .
.Le vent mobile de l'ombre,Dans la lumière qui
s'ombreSoulève dans tes cheveuxD'eau constellés
de lointainesLueurs qui se font sirènes,Et tes
regards dangereux.
44
VerlaineTu crois au marc de caféTu crois au
marc de café,Aux présages, aux grands jeux Moi
je ne crois qu'en tes grands yeux.Tu crois aux
contes de fées,Aux jours néfastes, aux
songes.Moi je ne crois qu'en tes mensonges.Tu
crois en un vague Dieu,En quelque saint
spécial,En tel Ave contre tel mal.Je ne crois
qu'aux heures bleuesEt roses que tu
m'épanchesDans la volupté des nuits blanches
!Et si profonde est ma foiEnvers tout ce que
je croisQue je ne vis plus que pour toi.
45
ELUARD Toi la seuleToi la seule et j'entends
les herbes de ton rire Toi c'est la tête qui
t'enlève Et du haut des dangers de mort Sur les
globes brouillés de pluie des vallées Sous la
lumière lourde sous le ciel de terre Tu enfantes
la chute. Les oiseaux ne sont plus un abri
suffisant Ni la paresse ni la fatigue Le
souvenir des bois et des ruisseaux fragiles Au
matin des caprices Au matin des caresses
visibles Au grand matin de l'absence la chute.
Les barques de tes yeux s'égarent Dans la
dentelle des disparitions Le gouffre est dévoilé
aux autres de l'éteindre Les ombres que tu crées
n'ont pas droit à la nuit.
46
Parfum exotiqueBaudelaireQuand, les deux
yeux fermés, en un soir chaud d'automne, Je
respire l'odeur de ton sein chaleureux, Je vois
se dérouler des rivages heureux Qu'éblouissent
les feux d'un soleil monotone Une île
paresseuse où la nature donne Des arbres
singuliers et des fruits savoureux Des hommes
dont le corps est mince et vigoureux, Et des
femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine, Se
mêle dans mon âme au chant des mariniers.
47
Ballade du dernier amourAmours heureux ou
malheureux, Lourds regrets, satiété pire, Yeux
noirs veloutés, clairs yeux bleus, Aux regards
qu'on ne peut pas dire, Cheveux noyant le
démêloir Couleur d'or, d'ébène ou de cuivre,
J'ai voulu tout voir, tout avoir Je me suis
trop hâté de vivre. Je suis las. Plus d'amour.
Je veux Vivre seul, pour moi seul d'écrire
Jusqu'à l'odeur de tes cheveux, Jusqu'à
l'éclair de ton sourire, Dire ton royal
nonchaloir, T'évoquer entière en un livre Pur
et vrai comme ton miroir, Je me suis trop hâté
de vivre. En tes bras j'espérais pouvoir
Attendre l'heure qui délivre Tu m'as pris mon
tour. Au revoir. Je me suis trop hâté de vivre.
Charles Cros
48
Jamais ne dis toujoursAline CresciL'amourmon
amource n'est jamaistoujoursL'amourmon
amourC'est un peuchaque jourL'amourmon
amourse construit de toi à moise construit de
moi à toide jour en jourd'heure en heurede
minute en minutede battement en battementEt si
l'un de nousmon amourun jouroublie un
battementrestera encorepour toujoursà
jamaisle souvenirde l'Amour
49
Chut !Isabelle MatthieuChut ! ne te
réveille pas, c'est moi,lueur éphémère, comète
solitaire,laisse ton corps rejoindre mon
orbite,moule-toi à la vapeur de mon
désir.Noire apesanteur d'une nuit
d'amnésie,satellites en poursuite. Tu es mien
ma bouche s'ouvre, alvéole de lumièrequi
t'enveloppe dans sa chaude infinité.Chut ! ne
te réveille pas, ne crains rien,tu ne me
trouveras pas à tes côtés.Je suis le parfum, la
danse, le sortilège,venue te ravir le temps d'un
songe.
50
Sur ma peauAnnie PrévostChacun de tes
départssur ma peau une éraflure.Sécaillent en
morceauxma douleur, ma déchirure.Embrasse mon
souvenirque lespace saffaiblisse.Du silence
au silencese trace une esquisse.Chacun de tes
adieuxsur mon cœur une ecchymose.Sassemblent
les morceauxau travers de tes proses.Enflamme
mon souvenirque la passion nous domine.De
silences en silencesnotre avenir se dessine.
51
Comme une ville qui s'allumeEt que le vent vient
embraser,Tout mon coeur brûle et se
consume,J'ai soif, oh ! j'ai soif d'un
baiser.Baiser de la bouche et des lèvresOù
notre amour vient se poser,Pleins de délices et
de fièvres,Ah ! j'ai soif d'un baiser !Baiser
multiplié que l'hommeNe pourra jamais épuiser,O
toi, que tout mon être nomme,J'ai soif, oui d'un
baiser.Fruit doux où la lèvre s'amuse,Beau
fruit qui rit de s'écraser,Qu'il se donne ou
qu'il se refuse,Je veux vivre pour ce
baiser.Baiser d'amour qui règne et sonneAu
coeur battant à se briser,Qu'il se refuse ou
qu'il donneJe veux mourir de ce baiser.Germain
Nouveau 
52
Ton image est restée gravée dans ma mémoire J'ai
voulu t'échapper, te sortir de ma vie Mais
partout où je vais je ne pense qu'à toi Et
pourtant tu ignores combien je suis épris  Ta
démarche si légère hypnotise mon regard. Tes
longs cheveux qui flottent soulevés par le vent
Et dansent sur tes épaules accentuant le charme
D'une auréole dorée venue d'un autre temps
 J'aime ton sourire qui éclaire ton visage Et
le son de ta voix qui fait vibrer mon cœur,
Comme le chant d'une sirène. Il faut que je
reste sage De peur que je succombe devant tant
de splendeurs  Ton regard si profond a pénétré
mon âme Tes yeux pleins de lumière ont changé
toute ma vie J'aime ton beau décolleté qui
rempli mes fantasmes Tes dents blanches
éclatantes qui illuminent mes nuits  Un jour tu
es venue dans mon jardin secret Sous une pluie
de roses, par des chemins fleuris, Tu m'as donné
ta main et un baiser discret Mais je m'suis
réveillé et tu étais partie  Peut-être bien
qu'un jour tu liras ce poème, Il n'est jamais
trop tard pour dire ses sentiments Je voulais
tout simplement te dire je t'aime Même si
hélas, je n'ai rien d'un beau Prince Charmant.
J'ai rêvé de toi Jean Cl. Brinette
53
Souvenirs d'automne  Paul-Jean Toulet   Le
temps irrévocable a fui, l'heure s'achève. Mais
toi, quand tu reviens et traverses mon rêve,  
Tes bras sont plus frais que le jour qui se
lève,             Tes yeux plus clairs.  A
travers le passé ma mémoire t'embrasse. Te
voici. Tu descends en courant la terrasse
Odorante, et tes faibles pas s'embarrassent    
        Parmi les fleurs.  Par un après-midi de
l'automne, au mirage De ce tremble inconstant
que varient les nuages, Ah ! verrais-je encor(e)
se farder ton visage             D'ombre et de
soleil ?
54
Musique de Mozart Romance du Concerto pour
piano et orchestre N20 K.466
Poèmes et photos Internet
Daniel Mai 2007 danielvillaperla_at_gmail.com Ce
diaporama poèmes n16 est strictement privé. Il
est à usage non commercial.
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