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Management des risques

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Management des risques Nathalie Etchart-Vincent Master recherche OSR Ann e 2007-2008 – PowerPoint PPT presentation

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Title: Management des risques


1
Management des risques
  • Nathalie Etchart-Vincent
  • Master recherche OSR
  • Année 2007-2008

2
En guise dapéritif !
  • Quest-ce quun risque ?
  • La manière de considérer et de traiter les
    risques a-t-elle changé dans le temps ?
    Identifiez-vous des points de rupture ?
  • Quels sont les risques dans l'entreprise ?
    typologies possibles ?
  • Quels sont les risques à traiter en priorité ?
    Comment hiérarchiser les risques ? Quels critères
    d'inacceptabilité d'un risque ?
  • A quels nouveaux risques lentreprise fait-elle
    face aujourd'hui ?
  • Les risques sont-ils forcément mauvais ? Y a-t-il
    des situations dans lesquelles il peut être
    favorable de sexposer à des risques ?
  • Quelle est, selon vous, la personnalité des
    entrepreneurs (ex start up) ? Et quelle
    devrait-elle être selon vous ?
  • Peut-on éliminer les risques ou du moins certains
    risques ?
  • Quelles sont les différentes stratégies de
    gestion des risques ?
  • Quest-ce que lassurabilité ? Tous les risques
    sont-ils assurables ? Et sinon, pourquoi ?

3
  • Quest-ce quun risque ?
  • La manière de considérer et de traiter les
    risques a-t-elle changé dans le temps ?
    Identifiez-vous des points de rupture ?
  • Quels sont les risques dans l'entreprise ?
    typologies ?
  • Quels sont les risques à traiter en priorité ?
    Comment hiérarchiser les risques ? Quels critères
    d'inacceptabilité d'un risque ?
  • A quels nouveaux risques lentreprise fait-elle
    face aujourd'hui ?
  • risques exogènes en environnement instable
    terrorisme, changement climatique, risques
    industriels, risques sanitaires
  • risques endogènes en environnement instable
    risques stratégiques, risques en matière de GRH,
    risques financiers liés à l'instabilité des
    marchés et la multinationalisation des activités.
  • Les risques sont-ils forcément mauvais ? Y a-t-il
    des situations dans lesquelles il peut être
    favorable de sexposer à des risques ?
  • Quelle est, selon vous, la personnalité des
    entrepreneurs (ex start up) ? Et quelle
    devrait-elle être selon vous ?
  • Peut-on éliminer les risques ou du moins certains
    risques ?
  • Quelles sont les différentes stratégies de
    gestion des risques ?
  • Quest-ce que lassurabilité ? Tous les risques
    sont-ils assurables ? Et sinon, pourquoi ?

4
  • Quelles sont les étapes dune gestion des risques
    réussie ?
  • Comment savoir si une action de gestion des
    risques est efficace ? Quels types de risques
    mettent en jeu le facteur humain dans
    lorganisation ?
  • Quels sont les risques en matière de GRH ?
  • Le recrutement est-il source de risques ?
    Lesquels ?
  • Y a-t-il de nouveaux risques en matière de GRH ?
    Lesquels ?
  • Le management est-il source de risques ? Lesquels
    ? Quel type de management privilégier et pourquoi
    ?
  • Selon vous, un manager doit-il être plutôt averse
    au risque ou plutôt joueur ?
  • Lors de la mise en place dun changement
    organisationnel, comment limiter les résistances
    à ce changement ?
  • Y a-t-il de nouveaux facteurs de risques en
    matière de dommages aux personnes dans
    lentreprise aujourdhui ?
  • Pourquoi certains individus prennent-ils
    sciemment des risques dans leur activité
    professionnelle ?
  • Tout le monde perçoit-il les risques de la même
    façon ? Sinon, pourquoi ?
  • Connaissez-vous des biais cognitifs ?
  • Quest-ce que la dissonance cognitive ?

5
  • Etes-vous plutôt joueur ou plutôt averse au
    risque ? En matière financière ? Dans les
    relations sociales ?
  • Comment selon vous pourrait-on mesurer le goût
    pour le risque dun individu ?
  • Que dit la théorie du risque homéostatique ?
  • Que dit la loi de Tocqueville ?
  • Quest-ce que la culture du risque ?
  • Quest-ce quun risque stratégique ?
  • Quels sont les risques liés à la coopération avec
    une autre entreprise ?
  • Quest-ce que la veille stratégique ?
  • Y a-t-il des structures organisationnelles plus
    efficaces que d'autres en présence d'incertitude
    ?
  • Quels sont les risques à linternational ?
  • Existe-t-il des risques juridiques ? Lesquels ?
  • Qu'est-ce qu'une crise ? Comment gérer une crise ?

6
  • Un taxi est impliqué dans un carambolage de nuit.
  • 2 compagnies de taxis, les bleus et les verts,
    opèrent en ville.
  • On sait que
  • - 85 des taxis sont verts et 15 sont bleus.
  • - un témoin a identifié le taxi responsable,
    qui serait bleu.
  • Or on sait que la fiabilité des témoignages de
    nuit est de 80 (couleurs correctement
    identifiées dans 80 des cas et erreur dans 20
    des cas).
  • Quelle est la probabilité que le taxi impliqué
    dans l'accident soit effectivement bleu ?

7
Le traitement des probabilités et leur révision
  • Un taxi est impliqué dans un carambolage de nuit.
    2 compagnies de taxis, les bleus et les verts,
    opèrent en ville.
  • On sait que
  • - 85 des taxis sont verts et 15 sont bleus.
  • - un témoin a identifié le taxi responsable, qui
    serait bleu.
  • Or on sait que la fiabilité des témoignages de
    nuit est de 80 (couleurs correctement
    identifiées dans 80 des cas et erreur dans 20
    des cas).
  • Quelle est la probabilité que le taxi impliqué
    dans l'accident soit effectivement bleu ?
  • 50 des sujets pensent que cette probabilité est
    de 80 (le de fiabilité).
  • En fait, elle est de 41, car il faut calculer
    P(bleu/taxi identifié comme bleu). Or cette
    probabilité P(identifié comme
    bleu/effectivement bleu)P(bleu)/P(identifié
    comme bleu) 0.80.15/(P(identifié comme bleu et
    effectivement bleu) P(identifié comme bleu mais
    vert) 0.12/(0.80.15 0.20.85).
  • P(identifié comme bleu) P(identifié comme bleu
    et effectivement bleu) P(identifié comme bleu
    mais vert) P(bleu)xP(identifié comme bleu/bleu)
    P(vert)xP(identifié comme bleu/vert) 0.150.8
    0.850.2.
  • Bref, il ne faut pas confondre P(identifié comme
    bleu/effectivement bleu) 0.8 et P(bleu/taxi
    identifié comme bleu) 0.41.
  • Révision des probabilités quand on reçoit une
    information nouvelle, on doit passer de la
    probabilité a priori de X à la probabilité a
    posteriori de X.
  • Ainsi, quand un événement M se produit, la
    probabilité de X a priori se modifie en une
    probabilité conditionnelle à l'observation de M
  • P(X/M) P(M/X)xP(X)/P(M) (règle de Bayes)

8
  • Les risques aujourdhui un panorama

9
Le risque
  • Quelques définitions classiques
  • Danger éventuel plus ou moins prévisible
  • Danger calculable
  • Éventualité dun événement ne dépendant pas
    exclusivement de la volonté des parties et
    pouvant causer la perte dun objet ou tout autre
    dommage (Robert)
  •  danger, inconvénient plus ou moins probable
    auquel (un individu, un acteur) est exposé. 
  • Possibilité quun événement survienne et nuise à
    latteinte des objectifs
  • Au sens strict Possibilité dun événement
    redouté dont on peut estimer la probabilité
    d occurrence et mesurer les conséquences
  • Au sens large possibilité dun événement
    redouté dont on ne connaît pas grand-chose !!
  • Des définitions plus nuancées
  • Risk is a condition in which there is a
    possibility of an adverse deviation from a
    desired outcome that is expected or hoped for
    (VAUGHAN VAUGHAN, 2003)
  • Au moins deux conséquences possibles (sinon il
    ny a pas daléa) et parmi elles, au moins une
    des conséquences est indésirable
  • Pas forcément un risque de perdre dans labsolu
    , mais
  • Dispersion des résultats (importante variance
    autour de lespérance) une VA est plus risquée
    quune autre lorsquà moyenne constante, la
    variance est plus grande.
  • Incertitude quant au résultat
  • Risque de ne pas gagner autant que souhaité
    (notion de point de référence la perspective
    dun gain inférieur aux attentes constitue un
    risque)

10
Le risque et lincertitude
  •  Le risque désigne un danger bien identifié,
    associé à loccurrence dun événement ou dune
    série dévénements, parfaitement descriptibles,
    dont on ne sait pas sils se produiront mais dont
    on sait quils sont susceptibles de se produire.
    Il est aisé de comprendre pourquoi la notion
    de risque, ainsi définie, ne permet pas de
    décrire les situations dincertitude et de rendre
    compte des modalités de la prise de décision dans
    de tels contextes. On sait ce quon ne sait
    pas mais cest à peu près tout ce que lon sait 
    il ny a pas de meilleure définition de
    lincertitude. (Ministère de la Santé,
    rapport sur la veille sanitaire, 2006)

11
Quelques clivages utiles
  • Risque avéré vs. Risque potentiel
  • Risques avérés ceux que lassurance traite le
    plus facilement car le fait de disposer de
    distributions statistiques solides permet de
    prévoir la probabilité de réalisation dun
    événement et donc den évaluer ex ante le coût. ?
    risque au sens classique
  • Risques potentiels peu prisés des assureurs,
    qui peuvent alors soit socialiser les risques
    (partage entre plusieurs compagnies) soit les
    transférer à des tiers susceptibles den
    supporter les coûts (sociétés de réassurance,
    investisseurs sur les marchés fi) ? incertitude
  • Risque objectif vs. Risque perçu
  • Perception du risque dépend de la position
    occupée par les agents dans la société et du rôle
    tenu par chacun dans la création des dangers et
    lexposition aux risques (GODARD et al., 2002)
  • Rôle des biais cognitifs et représentations, liés
    à la personnalité de lindividu, à la sensation
    de perte de ou de gain potentiel quil a dans une
    situation donnée (Albouy, 2003), à ses croyances
    et jugements en général

12
Les nouveaux risques (1)
  • Un environnement qui a changé ?
  • Lère de la vulnérabilité (D. KESSLER, pdg de
    Scor), une plus grande ouverture des économies,
    une place plus importante de la technologie
  • Du mythe de la sécurité au néo-catastrophisme
    (F.-X. ALBOUY), un point de vue plus polémique
    scepticisme vis-à-vis de la science et pessimisme
    exagéré renvoyant aux peurs millénaristes (fin du
    monde, de lhomme, apocalypse). Selon lui, le
    monde (en tout cas le nôtre) na jamais été aussi
    sûr
  • Un seuil dacceptabilité du risque qui diminue
    peu à peu
  • Les risques technologiques majeurs (grands
    accidents comme Bhopal, grandes pollutions comme
    lAmoco Cadiz)
  • Les risques sanitaires (amiante, sang contaminé,
    vache folle)
  • Les risques environnementaux dommages
    écologiques diffus, sétalant dans le temps et
    irréversibles (cf. réchauffement climatique et
    son cortège dévénements extrêmes tempêtes, ras
    de marée).
  • Le risque terroriste introduit de lincertitude
    dans le risque et renvoie aux menaces diffuses de
    lancien temps
  • Les risques juridiques judiciarisation de la
    société (le droit lui-même devient source
    dinstabilité et dincertitude)

13
Les nouveaux risques (2)
  • Trois problèmes
  • Le public perçoit le risque et exprime une forte
    demande de sécurité (cf. la société du risque de
    BECK)
  • Il na plus forcément confiance dans la science
    et la technique
  • certaines découvertes (mémoire de leau par
    exemple), hyper médiatisées, finissent par
    retomber comme un soufflé.
  • Les scientifiques sont alors discrédités. Idem
    quand les problèmes ne sont pas anticipés (crises
    sanitaires).
  • Conséquence mouvements de panique, sentiment
    dêtre manipulés, recherche de boucs émissaires,
    etc.
  • Lassurance nassure plus forcément (problèmes
    dassurabilité)
  • Le risque (probabilité et gravité) est
    objectivement plus important
  • Les biais dans la perception du risque et
    laversion au risque perçu augmentent avec le
    caractère incertain de la menace.
  • Lobligation dassurance et la judiciarisation
    assèchent le marché

14
Linvention du risque moderne (1)
  • Au XIX, la notion daccident inclut celle de
    dommage. Les accidents sont le prix à payer pour
    le progrès (cf. les machines). La question des
    accidents du travail pose un problème inédit aux
    juges, car ils ne peuvent se voir appliquer la
    définition habituelle de la responsabilité.
  • En effet, selon le Code Civil, une personne est
    responsable dun dommage si la causé par sa
    propre faute, ou si elle na pas rempli une
    obligation alors quelle était liée par contrat.
    Or laccident, imprévisible et involontaire,
    échappe à des deux régimes de responsabilité.
  • La justice cherchera donc toujours à repérer une
    causalité humaine, une faute à lorigine de
    laccident. Et ce sera à louvrier de faire la
    preuve dune faute patronale ? quasi impossible,
    surtout avec les explosions de machines à vapeur.
  • Cette recherche de faute crée un climat de guerre
    sociale ! Elle conduit aussi à faire le procès de
    lindustrialisation. Les juges tendent en effet à
    considérer que le patron est omnipotent dans son
    usine, donc responsable de tout ce qui sy
    passe !même si louvrier commet une faute, on
    peut toujours montrer que cest la négligence du
    patron qui a rendu possible la faute de
    louvrier.
  • Mais cette attitude conduit à une impasse. On ne
    peut à la fois favoriser le développement
    industriel, les nouvelles technologies, le
    machinisme et en faire une faute passible de
    sanctions.
  • Il convient donc dadmettre lexistence dun
    danger inhérent à lactivité même, qui échappe au
    patron et dont celui-ci ne peut être tenu pour
    responsable.

15
Linvention du risque moderne (2)
  • Il fallait donc inventer un nouveau principe
    dimputation des réparations, sans chercher à
    prouver une faute ni un lien causal entre faute
    et accident. La notion de risque vient alors se
    substituer à celle de faute.
  • Toute activité engendre normalement des risques,
    qui doivent être encourus car lindustrialisation
    apporte des bienfaits indiscutables. Il reste
    alors seulement à réparer les dommages de manière
    équitable. Les patrons doivent participer à cette
    réparation, mais sans condamnation. Cette
    solution introduit les mécanismes de lassurance
    et a un avantage décisif sur le principe de
    responsabilité  elle permet à la fois la
    poursuite de lactivité et la réparation des
    dommages.
  • Loi du 9 avril 1898 sur les accidents du travail
    symbolise cette rupture et lavènement de la
    notion de risque. Tout accident du travail nest
    plus imputable à une faute, puisque les rapports
    humains génèrent inévitablement des préjudices
    mutuels. Dans cette optique, seuls les abus
    seront sanctionnés, ceux résultant de risques
    excédant les limites jugées normales. La notion
    de norme se substitue donc à celle de faute.

16
Linvention du risque moderne (3)
  • Tout au long du XXème siècle, notion de risque
    connaît une extension sans précédent. Prémices
    sont antérieurs à la loi de 1898.
  • A partir des années 1880, assurances agricoles
    contre les calamités naturelles se développent.
  • Le risque professionnel devient social en 1905,
    avec la loi sur lassistance obligatoire pour les
    personnes âgées, les infirmes et les indigents.
    Pourtant, vieillir nest pas un accident, et
    personne ne peut être tenu pour responsable. La
    notion de risque permet dappréhender toutes
    sortes dinégalités  les capacités individuelles
    sont considérées comme le résultat dune
    expérience aléatoire.
  • ? John Rawls  pour que les hommes acceptent
    dinstituer un contrat social équitable, il faut
    que, au moment où ils linstituent, ils ne
    sachent pas encore quelle sera leur position
    sociale, leurs capacités, leurs ressources. Ce
     voile dignorance  introduit donc un risque
    artificiel, fictif, qui permet de surmonter les
    égoïsmes particuliers et dinstituer un contrat
    égalitaire.
  • Le risque devient une nouvelle façon de penser
    les rapports interindividuels. Chacun est un
    risque que les autres doivent courir.
    Interdépendance des individus entre eux. Modèle
    de la maladie contagieuse, du microbe  sans le
    vouloir ni même le savoir, chacun peut être un
    risque mortel pour autrui.
  • ? Max Weber  le contenu de toute interaction
    entre individus reste fondamentalement incertain,
    même sil semble fortement institué. Cependant,
    linteraction, incertaine au départ est également
    devenue risquée. Il sagit donc dune incertitude
    menaçante.

17
Linvention du risque moderne (4)
  • La signification de laccident change au cours du
    XIX. Dévénement dû au hasard, il inclut
    désormais lidée dun dommage à réparer. Il
    devient ainsi un problème social, puisque cest
    un dommage sans cause. Cest un phénomène
    régulier. Il est certes le fruit du hasard, mais
    on peut comptabiliser ses occurrences, lesquelles
    sont remarquablement stables dune période à
    lautre.
  • Le fait que des événements relevant a priori de
    contingences purement individuelles puissent
    manifester une telle régularité statistique est
    impressionnant, et source de controverses. Cf.
    Durkheim et le suicide.
  • Dans le cas des accidents, leur régularité les
    rend prévisibles, ce qui permet de les calculer
    et donc de les assurer. 
  • Par ailleurs, laccident est un produit de la vie
    collective, et résulte dabord de la densité
    croissante de la population qui démultiplie les
    contacts humains. Laccident est donc un
    phénomène social par excellence. En devenant
    social, il perd ses causes traditionnelles. Il ne
    renvoie plus à un châtiment divin ou à une erreur
    humaine, il est normal et manifeste simplement le
    lien social et linterdépendance des activités
    humaines. Autrement dit, laccident est un mal
    social nécessaire. Evidemment, on parle ici de
    représentations. Cest donc simplement la
    représentation du phénomène qui a changé 
    laccident est un mode de représentation des
    événements.
  • En tant que concept de lassurance, le risque
    présente 3 caractéristiques. Il est calculable
    (probabilité doccurrence qui est donnée par une
    fréquence), collectif (technique de socialisation
    des risques) et cest un capital (on nassure ni
    le dommage ni la perte ressentie, seulement un
    capital fixé à lavance).

18
Linvention du risque moderne (5)
  • Le risque est cependant également individuel 
    lindividu peut lui aussi penser le risque.Le
    risque peut être quelque chose à quoi lindividu
    choisit de sexposer ou bien quelque chose quil
    subit sans être capable de sen prémunir. Le
    risque serait le danger librement accepté et
    individuellement évitable. Sinon, on parle de
    péril. On retrouve aussi la distinction entre
    risque diffus et risque choisi. Mais un même
    risque peut être perçu comme choisi ou comme subi
    (cf. SIDA) ? représentation à nouveau.
  • Mentalité primitive  on tente dassigner une
    cause, une signification, magiques de préférence,
    à tout événement. Mentalité moderne arrache
    lhomme à la manie du lien causal, lui permet
    denvisager quun fait nait pas de cause et soit
    purement contingent, quune mort soit naturelle.
  • En outre, à société complexe, causalité complexe.
    Lidée de cause est abandonnée pour celle de
    facteur de risque  pluralité de causes et aussi
    affaiblissement (car un facteur de risque nest
    ni nécessaire ni suffisant) ? remplacement de
    lidée de causalité par celle de corrélation
    statistique (cf. épidémiologie   Nous sommes
    passés du déterminisme (une cause entraîne
    nécessairement un effet) au probabilisme (un
    faisceau de facteurs augmente la probabilité que
    survienne la maladie).  (DAB, 1998).
  • A cet égard, opposition entre les chercheurs de
    laboratoire, qui étudient au niveau micro (ex 
    cellule) ce qui se passe afin didentifier la
    cause (bactérie, virus) dune maladie (ex 
    cancer du poumon), et épidémiologistes, qui
    considèrent que seules des études macro peuvent
    permettre de mettre en évidence les facteurs de
    vulnérabilité.

19
Linvention du risque moderne (6)
  • On assiste ainsi à une prolifération des
    risques  il ne suffit plus de supprimer une
    cause pour supprimer le risque. En présence de
    facteurs de risques, le risque zéro nexiste
    pas ! En outre, la diffusion de linformation
    fait que de nouveaux risques apparaissent sans
    cesse (ex  de nouveaux facteurs de risques pour
    le cancer du poumon).
  • Et enfin, on continue à parler de risques
    pour évoquer des dangers incertains pour
    lesquels ni la probabilité ni lensemble des
    issues possibles ne sont connus. Or lhomme est
    fondamentalement averse à lambiguïté
  • Loi de Tocqueville Aversion au risque
    croissante au sein des populations. Plus on fait
    reculer linsécurité, plus le résidu semble
    insupportable à la population. Phénomène qui
    sest amplifié dans les années 80 avec le déclin
    de la confiance dans le progrès scientifique
    (DOURLENS et al. 1991).

20
Aparté lhomme dans la société moderne (BECK,
1992) 
  • Individualisation de nos sociétés revêt 3
    dimensions
  • Emancipation des individus à légard des
    institutions traditionnelles 
  • disparition des classes sociales,
  • flexibilité accrue dans la sphère productive,
  • remise en cause de la famille et de la
    répartition des rôles entre sexes.
  • ? Conséquence perte de repères, car les
    institutions procurent des certitudes, des
    croyances et des connaissances pratiques et elles
    guident la vie.
  • ? Individus doivent désormais prendre davantage
    de décisions, mais aussi se soumettre à la loi du
    marché (qui remplace la tradition), leur vie est
    largement conditionnée par les médias, les
    professionnels du conseil, etc.
  • Individualisation est réflexive  notre
    biographie dépend de plus en plus de nos
    décisions. Chacun sinterroge sur son avenir,
    construit sa trajectoire, la réoriente. Bref, il
    questionne ce qui auparavant était prescrit et
    indiscuté.
  • Pour construire sa biographie, lindividu doit
    se projeter dans le futur, anticiper les
    conséquences (incertaines) de ses décisions. Il
    ne se considère plus comme un jouet du destin ?
    déni du destin, volonté des individus de
    maîtriser leur vie (BECK, 1999).
  • Cette volonté de maîtrise met laccent sur la
    responsabilité de chacun  une position sociale
    défavorable est désormais considérée comme un
    échec personnel et non plus une fatalité de
    classe. Lindividu est livré à lui-même et doit
    faire face seul aux risques, sans pouvoir
    sappuyer sur les institutions traditionnelles
    (BECK, 1994).

21
Un risque nouveau et incertain le risque
écologique (1)
  • Les catastrophes écologiques (et technologiques)
    échappent aux calculs des actuaires 
  • difficulté à estimer des probabilités
    doccurrence (en tout état de cause très petites)
  • difficulté à estimer lampleur des dommages (par
    exemple, gravité dune catastrophe nucléaire
    dépend de la météo gravité du changement
    climatique et de ses conséquences dépend du
    comportement des pays émergents mais aussi des
    changements de flux marins)
  • Cependant, même lorsque le risque est quotidien
    (ex  qualité de leau ou de lair), les
    techniques assurantielles sont également prises
    en défaut (Moatti, 1991)
  • Les dommages sont irréversibles et se
    transmettent aux générations suivantes,
  • Les causes sont diffuses, les responsabilités
    diluées, il y a une grande période de latence
    (quand la catastrophe arrive, elle ne fait que
    commencer et samplifie avec le temps).
  • Lapproche juridique en termes de responsabilité
    est ici quasi impossible, vu les délais entre
    problème et symptômes et lincertitude quant aux
    causes.
  • Cependant, la technique assurantielle essaie de
    reprendre pied. Les experts 
  • élaborent des scénarios,
  • mettent à jour toutes les chaînes causales
    possibles (événements élémentaires),
  • estiment chaque probabilité puis en tirent une
    évaluation globale.
  • On en revient donc à une démarche de recherche de
    causes visant à réduire lincertitude.

22
Un risque nouveau et incertain le risque
écologique (2)
  • Quoi quil en soit, la rationalité probabiliste
    est prise en défaut
  • la probabilité est très faible et le dommage
    énorme ? notion despérance na pas beaucoup de
    sens.
  • les dommages potentiels sont irréversibles ?
    difficulté à évaluer le montant réel des
    conséquences
  • On a donc recours à des critères non techniques
    pour définir si un risque est acceptable ou pas
    (dans la mesure où le risque nul nexiste pas).
    Lacceptabilité est définie sur un plan
    politique, et ce dans un contexte de
    prolifération des risques
  • La réponse donnée ne peut plus être technique,
    mais politique
  • Face à une multitude de risques, naccèdent à une
    existence sociale que ceux qui à un moment donné
    ne sont plus acceptés (priorisation des risques
    dans un contexte de construction des risques).
  •  On peut se livrer aux calculs de risques les
    plus complexes, on en arrivera, en fin de compte,
    à cette conclusion quun risque acceptable est un
    risque accepté . (Ewald, 1986)
  • Pour gérer les risques incertains, émergence de
    la notion de précaution, qui ranime le principe
    de responsabilité.

23
Le retour de la responsabilité le principe de
précaution (1)
  • On parle ici dune catégorie de risques qui
     recouvre des faits potentiellement générateurs
    de troubles mais qui ne peuvent être
    statistiquement objectivés au moment de la
    décision dans la mesure où ils se situent aux
    marges des phénomènes aléatoires.  (LASCOUMES,
    1996, p. 363)
  • Il sagit soit de risques avec période de latence
    (dommages observables avec grand retard), soit de
    risques dont la probabilité est trop faible pour
    permettre une évaluation rigoureuse.
  • Principe de précaution 
  • considère que cette incertitude nexonère pas la
    responsabilité de ceux qui prendraient
    aujourdhui une décision dont les conséquences
    néfastes ne se manifesteraient que demain.
  • ne doit pas inhiber laction mais, au contraire,
    inciter à lanticipation des risques lorsque ces
    derniers souffrent dune grande incertitude
    scientifique et que les dommages éventuels sont à
    la fois très graves et irréversibles.
  • Le principe de précaution va de pair avec une
    nouvelle attitude à légard de la science et de
    la connaissance. A une confiance parfois aveugle
    succède un doute souvent radical.
  •  Le principe de précaution invite à anticiper
    sur ce quon ne sait pas encore, à prendre en
    compte des hypothèses douteuses, de simples
    soupçons. Il invite à prendre au sérieux les
    prévisions les plus farfelues, les avertissements
    des prophètes, faux ou vrais, sans quil soit
    bien facile de les distinguer.  (Ewald, 1996, p.
    401).

24
Le retour de la responsabilité le principe de
précaution (2)
  • Principe de précaution implique aussi que lon
  • renonce à lutopie du risque 0
  • cesse de raisonner en termes de seuils techniques
    acceptables.
  • Lingénieur perd donc son monopole dexpertise
  • Nécessité dune concertation élargie
  • Délibération ouvertes à de nouveaux intervenants,
    dont les savoirs auparavant illégitimes sont
    requalifiés.
  • Les citoyens doivent être informés et doivent
    pouvoir participer aux débats
  • On a alors des acteurs de plus en plus
    hétérogènes, porteurs de discours très
    différents, et on assiste au développement de
     forums hybrides  (Lascoumes et Callon, 1997).
  • Puisque le public a droit au chapitre, on doit
    savoir comment il perçoit les risques. Il doit
    aussi être responsabilisé.
  • Privatisation partielle de certaines décisions
    (Etat fait aveu de son impuissance et se
    décharge).

25
Emergence du principe de précaution
  • Emergence dans les années 70, dans un contexte
    dinterrogation sur le changement climatique
    (trou dans la couche dozone, effet de serre)
  • Inquiétude sociale née de la perspective de
    dommages irréversibles et de lincertitude des
    savoirs scientifiques
  • Réaction politique évocation du principe de
    précaution dès 1972 (déclaration finale de la
    conférence De Stockholm sur lenvironnement
    humain)
  • 1ère application juridique en 1985 suite à la
    Convention de Vienne sur la protection de la
    couche dozone.
  • 1987 déclaration ministérielle de la 2ème conf.
    Internationale sur la protection de la mer du
    Nord.
  • 1992
  • entre en Février dans le droit positif européen.
    Cité mais non défini dans larticle 130R du
    Traité de Maastricht
  • Entre en droit international avec la déclaration
    de Rio sur lenvironnement et le développement
  • 1995 France est lun des 1ers Etats à le faire
    entrer dans son droit intrene. Loi sur le
    renforcement de la protection de lenvironnement
    (loi Barnier)

26
Définitions de la précaution
  • Déclaration de Rio (1992) En cas de risque de
    dommages graves ou irréversibles, labsence de
    certitude scientifique absolue ne doit pas servir
    de prétexte pour remettre à plus tard ladoption
    de mesures effectives visant à prévenir la
    dégradation de lenvironnement.
  • Loi 95-101 sur le renforcement de la protection
    de lenvironnement (1995) Principe selon
    lequel labsence de certitude, compte tenu des
    connaissances scientifiques et techniques du
    moment, ne doit pas retarder ladoptation de
    mesures effectives et proportionnées visant à
    prévenir un risque de dommages graves et
    irréversibles à lenvironnement à un coût
    aceptable.
  • 2ème Conf. Internationale sur la protection de la
    mer du Nord (1997) Une approche de la
    précaution simpose afin de protéger la mer du
    Nord des effets dommageables éventuels des
    substances les plus dangereuses. Elle peut
    requérir ladoption de mesures de contrôle des
    émissions de ces substances avant même quun lien
    de cause à effet soit formellement établi sur le
    plan scientifique.
  • Les deux 1ères définitions sont modérées
    laction prudente prévaut sur labstention
  • Principe de précaution complète larsenal
    juridique adapté au risque (principe de
    prévention et principe du pollueur-payeur) pour
    traiter les cas dincertitude
  • Avec le principe de précaution, le doute
    bénéficie désormais à lenvironnement
    (auparavant, la présomption était plutôt à la
    non-dangerosité des activités humaines)

27
Le principe de précaution avec précaution (1)
  • François Ewald Le XIXe siècle était le siècle
    de la responsabilité, le XXe siècle était celui
    de la solidarité,le XXIe sera celui de la
    précaution.
  • Le principe de précaution est une base de travail
    et dorientation pour laction publique et privée
    (gestion des risques) face aux enjeux majeurs
    (changement climatique, nucléaire, crises
    sanitaires).
  • Cependant, selon Olivier Godard, il doit être
    envisagé de manière ponctuelle et son application
    ne doit pas être ferme et définitive.
  • Selon Hubert Curien,  il importe que le principe
    de précaution, qui est en soi une bonne chose, ne
    se transforme pas en principe dinhibition et
    dinterdiction systématique. Les optimistes
    soutiennent quil stimule limagination, la
    création, et permet une innovation plus
    réfléchie, plus conséquente.
  • La meilleure réaction face au changement
    climatique, par exemple, est-elle le statu quo
    destiné à empêcher tout réchauffement ? Le
    changement peut également être vecteur de
    progrès. Mais le problème est que la notion de
    progrès fait aujourdhui lobjet de débats. Doù
    une tendance à la frilosité et à lattentisme.

28
Le principe de précaution avec précaution (2)
  • Il ne devrait donc pas servir de prétexte à
    linaction. Or dans certains cas, cest la
    décision de ne pas décider qui est prise.
    Vision radicale du principe qui conduit à une
    inertie inefficace, voire à la fin du progrès.
  • "L'attitude de précaution est équivoque si,
    d'un côté, elle apparaît comme la marque d'une
    prudence nécessaire, de l'autre, elle risque de
    paralyser l'initiative. Car, bien entendu, il y a
    des risques partout, dans toute activité, dans
    toute entreprise, là même où cela pourrait
    sembler impensable" (EWALD, 1996)
  • Godard préconise une observation des risques par
    veille stratégique et il conseille aussi de
    prendre lavis de tous les scientifiques La
    reconnaissance précoce des risques requiert des
    activités de veille et de vigilance, et lécoute
    des scientifiques minoritaires. Les dispositifs
    de précaution doivent être conçus de façon à être
    réversibles en fonction de lexpérience acquise
    et du progrès des connaissances, pour être soit
    relâchés, soit renforcés.
  • ? point intéressant rejoint la question des
    conflits dexperts (ex en matière de changement
    climatique), la manière dont se construisent les
    croyances face à de telles contradictions et
    aussi la manière dont les croyances devraient
    être construites (moyenne, moyenne pondérée,
    élimination des avis extrêmes, marginaux,
    surpondération de ces derniers, etc.)

29
Anticipation et veille deux principes de
gestion de lincertitude
  • Savoir anticiper, traquer les débordements
    potentiels, mettre en place un système de
    surveillance et de collecte systématique des
    données pour déclencher les alertes dès que les
    événements bizarres se produisent  la liste des
    mesures à prendre est longue, qui suggère que
    lignorance nest pas une fatalité et que
    raisonner en terme dincertitude, cest déjà se
    donner les moyens den prendre la mesure. 
    (Ministère de la Santé, rapport sur la veille
    sanitaire, 2006)

30
De léradication des risques à leur gestion (1)
  • Crise de croissance du risque  son expansion
    continue le confronte aujourdhui aux limites de
    ses propres outils.
  • Face à léchec rencontré par les techniques
    du risque, les objectifs sont devenus plus
    modestes  il ne sagit plus déradiquer les
    risques mais de les gérer.
  • Années 80  les ingénieurs ont un quasi monopole
    de lexpertise du risque.
  • Deuxième moitié des 80s  la notion de risque
    séparpille et les outils standard deviennent
    inopérants !
  •   A mesure que le risque incluait ainsi des
    menaces subjectives, des dangers imprécis, des
    intentions attribuées à autrui, etc., il
    recouvrait des univers de moins en moins
    comparables par la seule médiation du calcul .
    Du même coup, les agents professionnels vivant de
    la promotion du terme et des compétences de sa
    manipulation furent progressivement dépassés par
    une inflation incontrôlable de dérapages
    sémantiques.  (DUCLOS, 1996, p. 323-324). 

31
De léradication des risques à leur gestion (2)
  • Dans une perspective optimiste (croyances dans
    la science et les capacités des techniques), on a
    cru pouvoir éradiquer certains risques. Or
  • les techniques domestiquent le hasard, mais ne
    peuvent pas léliminer. Selon Duclos, deux
    événements ont joué un rôle majeur dans le
    retournement de la confiance à légard des
    techniques du risque Tchernobyl et Challenger.
  • Quand on conçoit un événement comme la
    conséquence de quelques causes bien identifiées,
    on peut léviter en agissant sur ces causes. Mais
    quand les causes sont remplacées par un
    enchevêtrement complexe de facteurs de risques
    multiples et interdépendants, qui ne sont ni
    nécessaires ni suffisants, il nest plus possible
    déradiquer le risque, seulement de le réduire.
  • Bref Le projet utopique de conquête de la
    sécurité, dans une impasse, laisse donc la place
    à une gestion pragmatique des risques.
  • A une conception du risque comme danger à
    éliminer grâce au développement scientifique et à
    laction normative aurait succédé une conception
    du risque comme aléa à gérer.  (LASCOUMES, 1991,
    p. 79).

32
De léradication des risques à leur gestion (3)
  • Le risque ne se réduit pas à un résidu que la
    science pourrait éradiquer  le risque nul
    nexiste pas.
  • Ex  assainissement urbain. Au lieu de continuer
    à tenter déliminer les risques, on en reconnaît
    le caractère irréductible et la nécessité de les
    gérer.
  • En outre, les risques sont souvent concurrents 
    réduire lun accroît lautre.
  • On ne peut donc les traiter de manière
    indépendante
  • Il convient aussi de les prioriser (et la gestion
    devient largement sociale).
  • Cf. exemple de la trisomie  risque de trisomie
    entre en conflit avec risque de fausse couche si
    amniocentèse. problème de la définition dun
    seuil de risque (suite aux différents examens 
    clarté nucale, prise de sang, âge) qui définit
    aussi le seuil à partir duquel lamniocentèse est
    proposée.

33
  • Le recours à lassurance et ses limites

34
Concentration de professions à risques dans le
milieu de la construction
  • P. Marie-Jeanne (DG Adjoint, SMABTP) (Risques n
    68, déc. 2006)
  • Freins à lassurabilité
  • un contexte juridique générateur de risques
  • Un risque difficilement mutualisable
  • De fortes asymétries dinformation
  • linfluence insuffisante du contrôle technique
    sur la qualité
  • Un élément stabilisateur la présence de
    mutuelles spécialisées
  • Comment faciliter lassurance des professions à
    risques demain

35
La pbmatique dassurance pour les professions à
risques (1)
  • Olivier Muraire et Stéphane Penet (Risques n
    68, déc. 2006)
  • Fondamentalement, lassurance mutualise les
    risques et les cotisations. Cest dailleurs
    létendue de la mutualisation qui permet à
    lassureur de déterminer les cotisations.
  • Mais la taille du marché pousse à la
    segmentation. En effet, si tout le monde est
    tarifé de la même manière, alors quil existe des
    différences entre les individus, alors, dès lors
    que le marché est concurrentiel, lassureur à
    tarif uniforme risque de subir une forte
    sélection adverse seuls les plus mauvais
    risques resteront chez lui, les risques les plus
    bas trouvant à sassurer moins cher ailleurs.
  • Sur un grand marché, il faut donc segmenter les
    risques pour éviter lantisélection mais du
    coup, degré de mutualisation diminue. Le marché
    peut ainsi finir par disparaître.
  • Par ailleurs, quand il y a de fortes incertitudes
    sur le coût et/ou la fréquence, le risque de
    perte est élevé et le tarification technique
    impose un surcoût dautant plus important que le
    montant des garanties est élevé.
  • Il en est de même lorsque la fréquence est non
    répartie, i.e. lorsque les garanties sont
    appelées à jouer toutes ensemble. Ex dommages
    informatiques liés à un virus, catastrophe
    naturelle, conflits sociaux de masse. Dans ce
    cas, tous les assurés sont indemnisés en même
    temps et il ny a plus de mutualisation.

36
La pbmatique dassurance pour les professions à
risques (2)
  • Malgré tout, des solutions sont en général
    trouvées. Par exemple, les risques systémiques ou
    catastrophiques, longtemps considérés comme non
    assurables, sont maintenant couverts.
  • Mais parfois, le marché répond peu ou pas du
    tout, notamment lorsque des facteurs
    dinstabilité juridique existent.
  • En effet, quand la mutualisation est impossible
    sur une période unique, les assureurs peuvent
    lenvisager sur n périodes (exercices successifs
    on peut tabler sur de bons exercices pour
    couvrir les mauvais).
  • Mais en cas dinstabilité juridique, cela nest
    pas possible (exemple de la responsabilité civile
    médicale). Les assureurs nont alors plus aucune
    visibilité, impossibilité à anticiper.
  • De même, lobligation dassurance peut conduire à
    lassèchement de loffre dassurance si le fait
    dêtre présent sur le marché comme assureur
    oblige à accepter dassurer tout assuré
    potentiel, alors il peut être tentant de sortir
    du marché de lassurance si les risques en
    question sont trop lourds.
  • Les domaines concernés sont
  • La RC professionnelles dans le secteur médical,
    mais aussi immobilier et chez les commissaires
    aux comptes
  • La couverture des frais de retrait (dun produit)
    dans laéronautique, la pharmacie
  • Les garanties dactes terroristes
  • La RC ou garantie accidents de certains sports ou
    professions à risques (ex le risque de guerre
    chez les journalistes)

37
La pbmatique dassurance pour les professions à
risques (3)
  • Professions médicales chirurgiens,
    obstétriciens, anesthésistes
  • Années 1998-2002, compétition autour des parts de
    marché a amené les assureurs à offir des
    garanties plus étendues avec des cotisations
    compétititives.
  • Segmentation du marché a conduit au regroupement
    de risques professionnels.
  • Augmentation de lindemnisation des victimes et
    de la responsabilité des acteurs (loi Kouchner,
    2002) ont entraîné laugmentation des cotisations
    puis le retrait des acteurs !!
  • Réaction du marché et création du GTAM
    (groupement temporaire dassurance médicale) a
    permis déviter une crise grave au 1er janvier
    2003 (en loccurrence une interdiction dexercer
    du fait de limpossibilité de souscrire une
    assurance RC professionnelle obligatoire)

38
La pbmatique dassurance pour les professions à
risques (4)
  • Résolution de la crise de 2003 une solution
    collective
  • négociation avec les pouvoirs publics pour
    adoucir la loi Kouchner. La loi Abbout (2003)
    transfère une partie cu risque dinfections
    nosocomiales sur la solidarité nationale.
  • Mise en place du pool GTAM
  • mais provisoire
  • Multiplication des primes par 3 chez les
    obstétriciens et chirurgiens (indemnisation
    accrue des victimes, relation de plus en plus
    ténue entre préjudice et faute, fréquence de
    sinistre de près de 20) et 2 chez les
    anesthésistes (chez qui la mise en oeuvre dun
    corpus de bonnes pratiques a permis de réduire
    le risque).
  • Du coup, assèchement du marché, malgré des
    réductions fiscales permettant dabsorber une
    partie de la hausse des cotisations. Fin 2003,
    GTAM doit être prolongé.
  • Mise en place du pool de coréassurance GTREM à la
    suite du GTAM en 2004
  • GTREM reconduit en 2007, mais situation des
    obstétriciens reste précaire.
  • En outre, GTREM ne mutualise pas les risques mais
    les pertes entre les assureurs !!!

39
La pbmatique dassurance pour les professions à
risques (5)
  • Risque de guerre des journalistes
  • ACE est le seul assureur qui offre la garantie
    risque de guerre
  • Contrats groupe uniquement, souscrits pour
    lensemble des personnels (mutualisation !).
  • Mais si certains refusaient désormais de
    sassurer contre le risque de guerre et
    choisissaient un assureur moins coûteux, alors le
    marché disparaîtrait (car ACE ne pourrait plus
    mutualiser ses risques)
  • Les journalistes free lance ne peuvent de toutes
    façons pas sassurer (à un taif raisonnable !)
  • Un exemple dantisélection chez les gendarmes
  • Il y a quelques années, un assureur a proposé une
    garantie risque automobile aux gendarmes. Très
    vite, lourd déficit !
  • En fait, le risque couvert nétait pas de bonne
    qualité seuls les jeunes gendarmes étaient
    concernés, les plus anciens étant déjà couverts
    par une mutuelle. Or les jeunes gendarmes avaient
    un niveau de risque particulièrement élevé
  • Conséquence ces jeunes gendarmes sont désormais
    répartis avec des gendarmes plus âgés, ou assurés
    comme de jeunes conducteurs.

40
La pbmatique dassurance pour les professions à
risques (6)
  • Un enjeu pour lassurance demain la
    discrimination
  • Par exemple, discrimination sexuelle interdite,
    mais
  • Les femmes sont un risque automobile inférieur
  • Elles sont un risque retraite supérieur
  • La segmentation sera-t-elle interdite dans
    lautomobile ?
  • Sera-t-elle autorisée pour les cotisations
    retraite ?
  • Quand des difficultés graves se présentent dans
    un secteur dactivité donné, la FFSA (fédération
    française des sociétés dassurance) est saisie
    par son ministère de tutelle ou par les
    représentants de la profession concernée. Le
    dialogue permet alors de trouver des solutions,
    sauf si
  • une crise se produit !
  • Ex Dans le secteur médical, plusieurs crises
    ont été éteintes, mais le marché nest toujours
    pas stabilisé.
  • Crise majeure de 2003 (suite aux lois très dures
    arrêt Perruche de 1999 loi Kouchner de 2002)
    plus de la moitié des spécialités à risques ne
    trouvaient plus dassurance. Crise mineure de
    2006 non résolue.
  • Importance pour les assureurs de la veille
    stratégique et de ladaptation permanente des
    outils danalyse

41
Quelques autres problématiques autour de
lassurance
  • Muriel Fontugne (Risques n 68, déc. 2006)
  • Responsabilité des dirigeants et assurance
  • Les risques de mise en cause ou de condamnation
    dun dirigeant en France
  • Lassurance, une protection financière
  • Jacques de Peretti (Risques n69, mars 2007)
  • Réchauffement climatique et assurance
  • Le rôle croissant de lassurance
  • Les entreprises vulnérabilité à et gestion du
    risque climatique
  • Quelle protection financière
  • David Laster et Christian Schmidt
  • Innover pour assurer linassurable
  • Des risques difficilement assurables sont assurés
    (nucléaire, grève-émeutes, cat. nat.)
  • Des risques auparavant assurables deviennent
    inassurables
  • Comment repousser les limites de lassurabilité ?

42
  • Les risques dans lorganisation

43
Quels risques dans l'organisation ?
  • Tout problème ou menace qui peut se produire
    suite à un événement ou à une action de
    l'entreprise. Il peut venir de l'extérieur
    (changements dans l'environnement, politique,
    économique, sociologique, qui peut exercer une
    influence négative sur les objectifs et
    stratégies de l'entreprise) ou de l'intérieur
    (choix stratégique, recrutement, virus
    informatique, etc.)
  • Tout ce qui est susceptible daltérer la
    performance de lentreprise et de menacer sa
    capacité à satisfaire ses clients, actionnaires,
    fournisseurs, salariés, constitue donc un risque
    le sujet est vaste !!
  • Menace quun événement, une action ou une
    inaction affecte la capacité de lentreprise à
    atteindre ses objectifs stratégiques et
    compromette la création de valeur. (cabinet
    Ernst Young)
  • ? terme intéressant inaction. Ne rien faire
    peut être une décision risquée (notamment en
    matière stratégique, mais aussi en matière de
    prévention des risques !)
  • Chez France Télécom  Un risque se définit
    comme tout événement, action ou inaction de
    nature à empêcher une organisation datteindre
    ses objectifs.

44
Comment définir les risques
  • Risque défini par
  • Sa source comportement inadéquat dun
    concurrent ou dun employé, aléa climatique, etc.
  • Ce quil affecte dans lentreprise actifs
    financiers ou matériels, personnel, parts de
    marché, image de lentreprise, respect des lois
    et réglementations
  • Sa criticité gravité x probabilité. Elle donne
    une mesure de la vulnérabilité de lentreprise au
    risque en question

45
Quelques manières de classer les risques (1)
  • Selon leur nature (et leurs causes)
  • Risques en matière de GRH, de sécurité (erreur
    humaine, recrutement inadéquat, incendie)
  • Risques financiers (retard de livraison, défauts
    de paiement)
  • Risques stratégiques (risques liés au marché et à
    la concurrence, responsabilité des dirigeants)
  • Risques liés à la sécurité de linformation et à
    la maîtrise des NTIC (perte et vol
    dinformations, virus)
  • Risques environnemental (pollution, accident) et
    éthique (discrimination, harcèlement), risque
    dimage
  • Selon leur incidence
  • Actifs financiers dommages et intérêts lors
    dune action en responsabilité civile,
    destruction de biens qui entraîne une perte de
    clientèle, une perte dimage de marque alors que
    les charges fixes sont maintenues
  • Actifs non financiers bâtiments, machines,
    archives et supports dinformation
  • Atteintes aux personnes accidents, maladies

46
Quelques manières de classer les risques (2)
  • Risques classiques / nouveaux risques
  • Nouvelles modalités dans les risques classiques
  • Ex du risque GRH gestion déquipes
    multinationales, recrutement par internet
  • Risques liés au SI perte et vol
    dinformations, virus
  • Nouveaux risques
  • Complexification des technologies employées et
    des évolutions techniques
  • Internationalisation et modernisation des
    échanges économiques (accroissement des exports,
    innovations financières)
  • Intensification des contraintes juridiques
    (alourdissement de la responsabilité civile,
    enjeux liés à la maîtrise des risques
    environnementaux et industriels)
  • Place grandissante des stakeholders, notamment
    non économiques, dans lentreprise
  • Risque de crise si une crise correctement gérée
    peut être bénéfique pour lentreprise, la
    sanction en cas de catastrophe peut être fatale à
    lentreprise

47
Quelques manières de classer les risques (3)
  • Risque pur / risque spéculatif
  • Risque pur lentreprise y est exposée danger
    éventuel, plus ou moins prévisible, inhérent à
    une situation ou à une activité (dictionnaire du
    CNRS)
  • C'est un risque exogène
  • Cest un risque de perte, sans contrepartie de
    gain (ex inondation, acte de vandalisme, défaut
    de qualité dune matière première en provenance
    dun fournisseur)
  • Ce risque nest pas délimitable, et les dommages
    peuvent être sans commune mesure avec la cause du
    sinistre.
  • Réalisation soudaine, sans signes précurseurs.
  • Risque spéculatif résulte de laction de
    lentreprise Possibilité hasardeuse dencourir
    un mal avec lespoir dobtenir un bien.
    (dictionnaire du CNRS)
  • Lancer un nouveau produit, restructurer
    lorganisation, se lancer à linternational.
  • Il y a certes une possibilité de perte mais aussi
    une possibilité de gain et cest pour cela que
    lentreprise va courir le risque en question (ex
    un recrutement, un nouveau produit)
  • Ce risque est délimitable lentreprise décide
    de létendue de son engagement en limitant le
    budget correspondant.
  • Les décisions stratégiques peuvent en revanche
    aggraver un risque pur tel que le risque
    dincendie.

48
Quelques manières de classer les risques (4)
  • Risques mineurs/majeurs
  • Risques mineurs ceux associés à la production
    et à lutilisation des produits défaut visible
    par le client, insatisfaction provoquée par la
    répétition du défaut, déficit de compétence.
  • Les risques que nous subissons dans la gestion
    de lentreprise ne sont pas forcément de grande
    ampleur. Cest en réalité la répétition de petits
    risques dont les conséquences se cumulent qui
    contribue à affaiblir nos organisations.
  • Risques majeurs ceux associés à la conception
    défaut a priori non visible, insatisfaction
    provoquée par une occurrence soudaine, accident.
    Peut avoir des effets à très long terme, conduire
    à la disparition de lentreprise, voire de la
    filière (cf. les risques technologiques majeurs
    Lagadec, 1981, 1994).
  • Lentreprise fait de plus en plus souvent
    supporter à la collectivité les conséquences de
    risques catastrophiques, en particulier ceux
    concernant lenvironnement.

49
Risque mineur/risque majeur
50
Quelques manières de classer les risques (4)
  • Risque opérationnel
  • Défini pour les banques, mais applicable
    ailleurs.
  • Le comité de Bâle définit le risque opérationnel
    comme le "risque de pertes provenant de processus
    internes inadéquats ou défaillants, de personnes
    et systèmes ou d'événements externes 
  • le risque lié au système dinformation
    défaillance matérielle, bogue logiciel,
    obsolescence des technologies (matériel, langages
    de programmation, SGBD,)
  • le risque lié aux processus (saisies erronées,
    non respect des procédures, litiges commerciaux)
  • le risque lié aux personnes (absentéisme,
    incendie, fraude et malveillance, mouvements
    sociaux, mais aussi incapacité de l'entreprise à
    assurer la relève sur les postes clés)
  • le risque lié aux événements extérieurs
    (terrorisme, catastrophe naturelle, environnement
    réglementaire,).
  • ? Est inclus dedans le risque juridique, mais pas
    le risque stratégique et de réputation.

51
Quelques manières de classer les risques (5)
  • Risques rampants (cf. pollution, mal-être des
    salariés) / risques brutaux (cf. explosion,
    suicide)
  • Risques avérés (informations existent concernant
    la probabilité et les conséquences risque) /
    risques potentiels (impossibilité de lister les
    conséquences potentielles et/ou les probabilités
    associées incertitude)
  • Chez France Télécom, un risque inacceptable est
     un risque qui, quelle que soit lévaluation
    retenue pour le risque inhérent
    (probabilité/impact) présente un caractère
    inacceptable en regard de la sécurité des biens
    et des personnes ou de la survie de lentreprise
    et pour lequel, quel que soit le niveau de risque
    résiduel obtenu, tous les efforts seront faits
    pour les réduire au maximum.  Par exemple, les
    accidents du travail sont un risque peu élevé
    mais néanmoins inacceptable (car socialement
    inacceptable). Acceptabilité sociale, juridique,
    éthique
  • Risque résiduel Risque subsistant
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